MON AVARE.

Bonnes gens, je vous le clame haut et fort
sans aucun regret ni remords
bientôt riche et bien loti
j’ai un père, dans ma vie
je le couve et je le flatte
loin de moi que je l’combatte
assidument en ma sagesse
je l’encense, tout en finesse
et l’encourage à cultiver
sa triste particularité

Va, soit dur au labeur
cultive et accrois tes valeurs
floue les incrédules
en tes coffres accumule
hume ton or capiteux
exploite les vaniteux
amasse les dividendes
accepte humblement les offrandes
fais l’apologie des taux d’usure
des critiques, n’en a cure
fructifier tes biens et possessions
ici-bas, telle est ta mission

Ne prête qu’aux riches, ils te soutiendront
fats et imbus, dans ton ascension
ces gueux sans relâche, à te louer
envieux de ta notoriété
qu’importe, qui se moque
les jaloux, que l’on évoque
trouveront matière à dénigrer
toujours prêt à envier
ta sobriété opulente
par laquelle, tu les supplantes

Je suis rasséréné de savoir, jusqu’à la fin
tu engrangeras et choieras tes gains
un bel avenir m’est assuré
merci père, de si bien œuvrer
bien que mon ordinaire soit rude
mon oisiveté engendre le prélude
à courtiser ma paresse
assis sur ma future richesse

J’admire ta ténacité
loin, que cela m’indiffère
puisqu’à ta mort… mon « Père »
de toi… je vais, hériter.

Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2023 11 28. »POESIES »

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LES BOÎTES À IDÉES QUI NE SERVENT À RIEN.

        Je vais vous brosser le tableau d’un monde ludique, voguant là, quelque part dans le vaste univers. En son sein, trônent, sur tous les coins de comptoir, les boîtes à idées qui ne servent à rien. Et Dieu sait qu’il en existe beaucoup de comptoir de tous ordres avec des coins ; des multitudes. Belle invention que ces boîtes à idées qui ne servent à rien et qui prolifèrent à tous les coins de rue. Leur présence atteste, justifie, souligne, dépeint la frivolité de cette humanité insouciante qui les a engendrées. 

         Leur utilisation, loin d’un effet de mode, est devenue un sport national. L’inclinaison viscérale à cultiver la légèreté, la désinvolture, la futilité sont ancrées dans l’ADN de ceux qui aiment booster l’humour dans ses retranchements, émettre des inepties, colporter des aberrations, défendre des incohérences jusqu’au déraisonnable. Quitte à être accusé de puérilité. Ces prédispositions apportent le remède à tous les maux. État d’esprit qui échappe aux récalcitrants, aux pisse-froid ; ces gueux de la morosité, ces empêcheurs de tourner en rond, ces bas de plafonds.

         Dans cette société submergée sous des marées d’informations redondantes, il se répand qu’un bruit court actuellement à propos d’une rumeur tenace. Elle propage, comme quoi la race des boîtes à idées qui ne servent à rien serait menacée de disparition. Des boîtes à idées qui servent à quelque chose, nouvellement apparues, intriguent. Insidieuses, nul ne sait comment, elles s’imposent en catimini. Attention ! Soyons attentifs et vigilants. Le néfaste s’immiscerait-il, sournois, machiavélique ? Ce commérage repris, disséqué, trituré, par tous les médias d’information en continu, annonce la fin prochaine de cette particularité ancestrale. Qui, de nous, n’a jamais osé accoucher d’idées qui ne servent à rien, pour le simple plaisir : du badinage, de la culture du paradoxal. De porter par l’absurde la contradiction ou butiner le persiflage en toute fantaisie ? Et surtout avoir envie de les diffuser, de les confronter, en les déposant, fièrement, dans les boîtes à idées qui ne servent à rien, pour que tout un chacun puisse s’en inspirer et s’en rassasier. Reconnues d’utilité publique, les boîtes à idées qui ne servent à rien, à l’instar des espèces menacées d’extinction, ne pourront perdurer, au-delà de l’arrivée invasive de l’abominable boîte à idées qui servent à quelque chose. Cette nouvelle mutation des boîtes à idées qui servent à quelque chose, reflet nostalgique de ce qui aurait été, paraît-il, mieux auparavant, ont-elles des chances de supplanter les boîtes à idées qui ne servent à rien ? A ce jour, aucun antidote n’a de chances d’émerger.

        Est-ce réellement fondé ? Oui, selon la communauté scientifique, puisque, inéluctable, ce variant s’impose, avec un fracassant succès. Cette métamorphose découle d’une manipulation génétique opérée par un sombre généticien de second ordre. Bunkerisé au fond d’un laboratoire secret chinois, en déficit de notoriété et de glorification, face à son anonymat, il osa rompre avec l’éthique. Le fruit de ses tripatouillages, lors de la dissection du génome de la boîte à idées qui ne servent à rien, a fuité et a infecté, insidieusement, l’environnement proche, ouvrant grande la porte à sa prolifération. L’agressivité de cette transmutation, non maîtrisée, annihile, par contamination, toutes les boîtes à idées qui ne servent à rien, en les transformant, sans coup férir, en boîtes à idées qui servent à quelque chose. Aussitôt apparues, aussitôt encensées. Toute la frange, minoritaire, des tristes sires, pessimistes chroniques, collectifs de la bien-pensance, entra en transe. Leur heure de gloire sonnera enfin. Notre incompétent et dépressif généticien, imbu de sa supériorité et au fait de son génie, cultiva sa réflexion intimiste. Les boîtes à idées qui ne servent à rien sont des abstractions inutiles, puisqu’elles ne collectent que des idées farfelues, fantasques, utopiques, aléatoires, d’aucune utilité pour le bien de l’humanité. Son devoir, rétablir le pragmatisme. Par contre, son projet de boîtes à idées qui servent à quelque chose, elles, elles sont indispensables au bien-être de chacun par le recueil d’idées constructives, réalistes, concrètes, utiles, cartésiennes. A l’encontre de la doctrine officielle,
il s’inscrit comme le chantre de la rationalité, du libéralisme. Malheureusement, la création échappa à son géniteur et sa prolifération s’annonça galopante. Il s’est échiné, contre toute déontologie, à mener au bout sa dextérité au maniement du ciseau CRISP-Cas9 à l’extrême. Afin de plier, à sa volonté, le génome de la race des boîtes à idées qui ne servent à rien, en éradiquant le gène QUI NE SERT A RIEN, pour engendrer celui QUI SERT A QUELQUE CHOSE.

         Face au scandale, l’OMS (Organisation Mondiale pour la Sérénité) s’employa à contenir la pandémie. Elle décréta le confinement généralisé de l’humanité, en vue de limiter l’accès et l’utilisation des boîtes à idées qui servent à quelque chose. Opposées au mal irréversible, les boîtes à idées qui ne servent à rien constatèrent avec affliction leur propre dégénérescence. Aucun remède ni vaccin, malgré l’acharnement des laboratoires les plus réputés, ne surent maîtriser le code ARN de ce virus. Pour retarder l’inéluctable, des petits malins s’évertuèrent à déposer au fond des boîtes à idées qui servent à quelque chose une généreuse couche de glu, pour museler ces fanfaronnes. Hélas en vain. Les idées qui servent à quelque chose pullulèrent, renforçant l’expansion et la suprématie des idées libérales. Le matérialisme débridé au service de la rentabilité, à tout crin ; vive la société de consommation ! Dans nos communautés, paradoxalement existe et existera pour toujours la coexistence d’un clan  » des pour  » et celui  » des contre  ». Mais le fléau de l’éradication annoncé fut conforté par l’adhésion massive des partisans au clan  » des pour  ». Ils éructaient à tue-tête :  » A bas, les boîtes à idées qui ne servent à rien. Vive les boîtes à idées qui servent à quelque chose, au nom de la modernité ! A bas, les doux rêveurs, place au réalisme  ». Alors que ceux du clan  » des contre  », sous le joug de la nostalgie, brandissaient les banderoles à l’effigie des boîtes à idées qui ne servent à rien, soutenues par des porte-voix tonitruants aux slogans :  » Préservons nos idées qui ne servent à rien. Cultivons l’euphorie, la joie et l’allégresse.  »

        Malheureusement ils perdirent pied. Ainsi l’immémoriale bataille, des pisse-froid, des pisse-vinaigre, à l’encontre des gouailleurs, facétieux, malicieux, blagueurs, fut perdue pour ces orphelins. Révoltons-nous et privilégions la survie de ces dernières. Longue vie aux boîtes à idées qui ne servent à rien ! Mais la fantaisie mourut, le phantasme fut englouti, etc… La tristesse, la morosité envahirent le quotidien. Le règne de l’empirisme, du rationalisme, du matérialisme devint le ciment d’une nouvelle autocratie.

        Et, la défaite fut amère. L’ultime jour néfaste arriva lorsque la dernière boîte à idées qui ne servent à rien fut fabriquée. Non encore contaminée, elle provoqua la convoitise de tout un chacun. Construire un bunker, un abri antiatomique, pour préserver l’intégrité de cette rescapée, devint le but égocentrique de collectionneur atypique. L’irrépressible besoin d’acquérir cette extravagante singularité occulta tout bon sens. Leur avidité ne connaissait aucune limite, ils auraient pu aller jusqu’à corrompre Dieu lui-même dans leur folie. La mise aux enchères avorta. Le MUSEUM DE L’UNIVERSALITE, fut seul reconnu comme dépositaire légal du dernier bien commun de l’humanité. Cette relique des temps anciens de l’insouciance sera exposée. Au grand dam des pro-boîtes à idées qui servent à quelque chose.  

        Toujours est-il que le vague à l’âme ressurgit. De plus en plus d’admirateurs vinrent en pèlerinage vénérer cette rescapée. Au point que l’engouement l’emporta et sa religiosité s’ancra dans le cœur de chacun. L’annonce de l’émergence d’une glorification irréversible. Aussi l’espoir d’une renaissance grandit au fil du temps. Ce mouvement, par son ampleur, arrivera-t-il à renverser le dogme d’un ultralibéralisme effréné ? Ayez la foi !

        Homme du futur, aurez-vous la sagesse et la volonté de reconquérir ces  » les boîtes à idées qui ne servent à rien  », pour aduler et retrouver, à nouveau, la frivolité ! Consommons-la sans retenue !

Günther ZANNOR.

Nota bene : attention, ne confondez pas cette frivolité avec les frivolités proposées comme spécialité en boucherie et recherchées pour des agapes sans fin, par les adorateurs de rognons blancs (testicules d’agneaux, de béliers ou de bovins !). 

Collection ZANNOR. 2025 10 05.  »LE TOUT ET SON CONTRAIRE »

LA BOMBE ATOMIQUE

1945, sombre année !

Lors de cette période trouble et perturbée,
ses géniteurs, grands penseurs et humanistes potentiels
se penchèrent sur son berceau.

Dès sa naissance, toutes leurs espérances furent placées en elle, du fait de sa particularité.

Dans sa prime jeunesse, on lui attribua des vertus qui exalteraient le pacifisme et la concorde.
On lui prêta le rayonnement et l’émanation d’une certaine beauté.

Mais le destin l’aiguilla vers un tout autre chemin.

Sur la scène, on la projeta.
Dès cet instant, on attendit d’elle qu’elle magnifiât tous les espoirs placés en elle.

Elle combla ces Messieurs…
Envoûtés, ils purent la contempler sur son estrade… s’effeuiller lentement, lascivement,
révélant tous ses charmes cachés.

Au cabaret, par sa beauté flamboyante, subjugués, ils la baptisèrent :

« LA BOMBE ATOMIQUE »

Günther ZANNOR

Collection ZANNOR. 2016 10 11. » LE TOUT ET SON CONTRAIRE  »

LA BOMBA !

L’ANTIMATIERE.

Dans le champ de la physique quantique, toute chose possède son contraire.
La matière : l’antimatière.
La matérialité de la matière s’annihile en présence de l’antimatière,
donc, la matière étant de fait :  » Quelque chose  »,
l’antimatière se trouve être l’inverse de quelque chose.
Or, l’inverse de  » Quelque chose  »,
par définition, étant le néant,
alors, l’antimatière correspond à :  » Rien  ».

Par conséquent, en appliquant ce postulat, qui donc, va annihiler la matière de quelque chose ?
Ce questionnement met en péril le dogme de la physique quantique.

EINSTEIN . . . aide-moi !

Sachant que là où il n’y a rien,
c’est le  » Vide  ».

Donc l’antimatière étant du vide et
lorsque ce vide côtoie la matière de notre univers,
notre quelque chose,

s’écoule dans son vide, donc en se désintégrant.
Ce qui rétablit un des principes fondamentaux de la physique quantique.

Oh ! EINSTEIN, repose-toi, je n’ai plus besoin de toi.

Puisque ce paradoxe n’explique pas qui de la matière ou de l’antimatière annihile l’autre, nous nous perdons en conjectures sur le mystère de la création !

Günther ZANNOR.

Nota bene : Richard Phillips FEYNMAM, éminent physicien américain et grand théoricien de la physique quantique, a écrit :  » Je crois pouvoir affirmer que personne ne comprend vraiment la physique quantique.  »    ~~~~ Et vous ? ~~~~~

Collection ZANNOR. 2016 10 12.  »PARADOXES »

ÊTRE FRAPPE AU COIN DU BON SENS.

Être frappé au coin du bon sens souligne la légitimité d'une véracité, d'une authenticité,
l'appel au bon sens se veut fédérateur,

pour vous le prouver, l'absurdité de mon bon sens me fait dire que :

on peut se targuer qu'un bon sens a un coin, puisque l'on peut y frapper,
non pour y entrer, on ne rentre pas dans un coin, mais on le peut par un huis,
car frapper au coin de l'huis permet de pénétrer si vous y êtes invité.

Par extension, si le bon sens a un coin, on peut malheureusement s'y faire frapper.
Celui qui vous frappe, là, au coin du bon sens, en guise de punition, sera mis au coin face au coin de ce bon sens,
cela tombe sous le sens (de l'humour).

Ceci n'a pas de sens, si le bon sens devient un contresens,
ce qui vous retournerait les sens,
mais ce n'est nullement interdit, même dans un sens interdit,
(à condition, bien sûr, d'être parti, ensemble, sens dessus dessous dans le bon sens),

Dites-moi voir, et si un sens interdit n'avait pas de coin, comment aller y frapper ?
Impossible, tout simplement, parce que c'est interdit ; c'est frappé, plus que de raison, au coin du bon sens.
vous pouvez toujours retourner cette injonction dans tous les sens,
au sens propre comme au sens figuré : c'est sans appel.

Si par mégarde, il vous prenait l'envie, malgré l'interdit légal, dans votre petit coin, frapper monnaie avec des coins,
sans crier gare, le gendarme vous mettra au coin,
mais irait-il jusqu'à vous frapper,
non, car fourré dans un coin de sa caboche, son bon sens prendra le dessus
et ensemble bras dessous et bras dessus, vous irez, frappé par le coin de votre mutuel bon sens
chanter les louanges du bon sens éternel et populaire,

ceci, je le sens bien, cela va de soi …

vous pouvez m'encenser !

Günther ZANNOR

Collection ZANNOR. 2022 01 21. "DICTONS & MAXIMES REVISITES"

LA RIDE QUI SE DÉRIDE.

La ride qui se déplisse,
dit à la ride qui se plisse :
<< pourquoi, toi tu te plisses quand, moi je me déplisse ? >>
<< parce que quand tu ris toi, ton pli se déplie et tire sur mon pli qui lui se replie >>

c’est la loi des zygomatiques
c’est toujours automatique
l’un se dilate, l’autre se contracte
scellant ainsi leur pacte
entraînés dans notre fou rire
nous les plis, nous devons subir

quand ils se déploient
cela me met en joie
et si, ils se redéploient
cela redouble, en moi

vous les plis qui se plissent
se plient et se replissent
vos métamorphoses
à nous s’imposent
étouffant notre fou rire
et ce, sans coup férir
la morosité l’emporte
et notre rire avorte

mais la ride se dépliera
quand tu la dérideras
en exprimant ta joie
petit’homme, crois-moi
nos beaux fous rires
ne sont pas prêts à mourir

crois-en, en ma sagesse
au seuil de ma vieillesse
les rides au coin des yeux
nous font un air malicieux
chagrinant les pisse-froid
qui fort de leur bon droit
qui les rend impassibles
et de là, irascibles

nous, nos rides et plis se gondolent
nous rendant la vie frivole
vive le rire et le fou rire
vite : profitons… avant de partir…

Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2020 06 18.  »SONORITES ».

LE ROT.

Extrait du dictionnaire de CHOMEL 1766

 
        Ne me faisant pas prier, avec gloutonnerie, j'engloutis mon assiettée, de rôt de veau bien appétissant. 

Promptement engouffrée, je me gargarise et, à la face du monde, je me dois d'un rot sain et sonore.

Politesse et bienséance obligent à des rots de bon augure, complices d'une saine convivialité. Le savoir-vivre impose ses obligations.

Au IVe siècle av. J.-C., les stoïciens célèbres, tels que Sénèque et Epictète, à l'apogée de leur renommée, ne furent pas en reste, et sans scrupule d'émettre des rots ; certains rapportent même qu'ils les accompagnaient de pets.

Donc, je vous en conjure, ne venez point me chercher des poux sur la tête, lorsque je perpétue cette singularité. Je formule, par la même, la reconnaissance d'un partage culinaire de très haute qualité.

L'oralité du message véhiculé par le rot ne se réduit pas à sa teneur intrinsèque, mais il compose également un moyen de communication.

L'échange, par l'intermédiaire d'un rot, est représentatif comme l'expression d'un langage naturel.

Pour preuve, quoi de plus naturel, si l'on considère que, dès nos premières tétées, inconsciemment, un rot spontané annonce le signe d'une profonde béatitude.

Pour les grands gourmets, ils affirment que cette extériorisation peut être assimilée à de la poésie orale.

Jamais, pudibonderie où ostracisme doivent nous empêcher d'évoquer ou de parler du rot avec bienveillance.

Rires et plaisanteries, à son propos, sont discourtois, n'en faites pas des tonnes, appréciez-en sa volupté, ne vous en gargarisez pas.

Allez, je vous invite, gaiement de ce pas, à communier pour nos plaisirs complices, à roter de concert et sans ambages.

Tout comme l'idéalise l'un des dictons arabes, à travers les âges (1) :
" Rot retentissant honore l'hôte bienveillant " ou
" Rot ébouriffant honore l'hôte bienfaisant " ou
" Rot détonant honore l'hôte accueillant "

(1) Traduit du chapitre CLVII « Recueil des rumeurs et chroniques orientales », extrait de l’encyclopédie de l’Académie Zandorienne, éditée à Bagdad, année MDCLVIII, livret xx°.
Collection ZANNOR. 2024. « TRASH »

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Ah ! Madame . . .

Vous fûtes là, subrepticement, face à mon regard émerveillé, 
votre prunelle, dans le miroir de mes yeux, vint se refléter
sur le fond irisé de ce majestueux soleil couchant en fête
un miraculeux hasard a fait se détacher votre gracile silhouette

votre ensemble en soie au chemisier échancré,
voletant dans la légère brise de cette belle fin d'été
subjugué par la beauté de ce tableau enchanteur
les yeux pétillants, je m'approche avec lenteur
nos œillades se fondent en une osmose spontanée
augurant une possible et harmonieuse complicité

j'admire vos cheveux au roux léger et flamboyant
vos mèches facétieuses entremêlées se jouant du vent
englobent votre doux visage au sourire furtif et mystérieux
en ce moment suprême, une aura nous encercle tout deux
par la seule volonté, pensais-je, d'un improbable hasard
nous liant intimement en un instant ultime, si rare

ma vue se glisse sur votre frêle cou élancé
valorisant votre buste radieux et altier
enveloppé de cette vaporeuse voilure de soie aux festons ondoyants
sous la douce et chaude caresse de ce souffle enivrant
laissant deviner de mystérieux et encourageants présages
par l'apparition éphémère de secrets messages
d'une émoustillante empreinte de deux malicieux affleurements
qui spontanément m'aveuglent et m'émeuvent en même temps
disparaissant et réapparaissant sous les plis et déplis frivoles
leurs aguichantes saillies font que ma curiosité s'envole
mes yeux s'abaissent en votre profonde échancrure magnétique
abritant de suggestives rondeurs, au creux d'un vallon énigmatique

surpris par votre initiative, qui me laisse sans voix
me bouleverse et bouscule, m'emplissant de joie
votre main saisissant la mienne, sans que je m'en défende, vous la portez
vers le triangle soyeux de votre corsage largement décolleté
vos doigts guident les miens vers son premier verrou
habilement je le déboutonne, hâtivement, en un geste fou

la perfide brise légère écarte les pans capricieux
permettant d'admirer ces vallonnements divins et merveilleux
ma hardiesse entreprend l'assaut des autres boutons nacrés
ouvrant en grand un univers évocateur et sacré
vos mamelons au creux de leur corolle d'un rose évanescent
mes doigts impétueux les effleurent timidement
sous ma douce caresse, vos tétons s'irradient
hâte de plaisirs prometteurs, ils mendient
vos frémissements au creux de mes maladroites paumes
attisent les innocents élans de mon érotique royaume
mes attouchements ne vous laissent pas de glace
tolérant mes espoirs fous d'envahir la place
en une coquine ardeur vous vous blottissez contre moi
votre fantaisie libertine transcende votre émoi

les gracieuses courbures de votre poitrine, sans me surprendre
sa fermeté et galbe aiguillonnent en moi un désir tendre
au vent volant, votre beau chemisier s'est envolé
je recule pour mieux contempler les fastuosités qui me sont dévoilées
sculptant votre personne en un chef-d'œuvre de perfection
je vous vouerai de tout temps mon admiration et dévotion
de ce flamboiement, j'en rêverai toute ma vie
époustouflé, envouté, mon bonheur en un cri jaillit
Sacrebleu ! Madame, vous êtes l'apothéose de l'absolue sublime beauté
rien, non rien, en ce monde ébahi, ne saura jamais vous supplanter
vos seins, Madame, vos seins dignes d'un couronnement impérial
seront choyés et vénérés d'une ferveur impartiale

Médusé, soudain, je la vois, éthérée, se retourner,
sans cœur, se jouant de moi et de ma frivolité
papillonnant en une lascivité audacieuse
elle ramasse son immaculée étoffe précieuse
dans une faste envolée des amples plis de sa robe déployée
d'un pas léger, aérien, vers de lointains horizons, part s'évaporer

Indécis, sans voix, je reste là face au soleil déclinant
enjôlé, floué, ma fierté vacille par tant d'audace au demeurant
avec l'image de cette éphémère vision m'incendiant la rétine
elle, là-bas, me nargue, encore et encore, de son arrogante poitrine
au creux de mes mains subsiste la mémoire de leurs douce chaleur
Ah ! Madame, vous aviez ces jolis seins, qui firent mon malheur.



Günther ZANNOR.




Collection ZANNOR. 2023. "POESIES"

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CROYANCES : croire, c’est choir dans la croyance.

Impie, tu m’as déçu, le crois-tu ?
Car, tu es celui en qui j’ai cru.

A qui pourras-tu faire croire
en ton pouvoir de me faire choir
vraiment, penses-tu
que je pourrai choir à mon insu ?

Jamais, non jamais je ne cherrai
et je te décevrais
avant que l’on me déchoit
prouve ma mauvaise foi.

Moi j’impose les croyances de mon cru
mes croyances obscènes balaient tes propos crus
et mes croyances, elles, seront crues
donc, je ne serai pas déchu.

Pour que je fusse chu
alors, il eût fallu
aussi qu’ils croient
à ce que tu as cru croire, toi
dans ton espoir
de me faire choir.

De mon piédestal, je n’ai chuté
sur ma gloire arc-bouté
de sorte que, il le fallût
le reconnaître, de moi, je suis imbu !

Mais des pornographes, je suis le Roi.
Qu’est-ce que tu crois !!!
C’est mon choix …

Incroyant… porte ta croix…………

Günther ZANNOR.

INFIDÉLITÉS

INFIDÉLITÉS
Et si, l’on emprisonnait tous les hommes infidèles
ne resterai que les hommes fidèles, en liberté
vous, Mesdames, qui pratiquez l’infidélité avec les hommes
sans hommes infidèles, comment la pratiquer
car, si vous pratiquez l’infidélité avec un homme fidèle,
il deviendra infidèle, donc emprisonné,
changez les règles du jeu
n’emprisonnez plus les hommes infidèles
accordez leurs, leur infidélité et liberté
et vous ne serez plus jamais seules avec les hommes fidèles
qui vous empêchent de pratiquer… l’infidélité
moralité : Gloire à l’Infidélité…
Et si, gageure, on emprisonnait tous les hommes fidèles
ne resterai que les hommes infidèles en liberté
mais pour être dans ce groupe des infidèles
il faut donc, avoir été un homme fidèle, donc emprisonné
sur Terre, Mesdames, ne resterai plus aucun homme en liberté
que feriez vous, vous femmes seules, face à l’infidélité
changez les règles du jeu
n’emprisonnez pas les hommes fidèles
accordez leurs, l’infidélité
et vous ne serez plus jamais seules…
en liberté, pour pratiquer l’infidélité
moralité : Gloire aux Femmes Infidèles…
Günther ZANNOR
Collection ZANNOR (2016 05 04) Série :  » Paradoxes  ».