L'ennuyeux et ancestral métier de " PISSE-FROID " vient de plus en plus " chaud ",
en ces temps de canicule.
Faut-il rester dans l'expectative
devant cette race d'humeur glaciale menacée d'extinction,
pour quelle raison devrait-on s'en affliger ?
Va-t-il falloir les reconvertir en " PISSE-VINAIGRE ",
leur permettant de reprendre du poil de la bête.
Y trouverons-nous notre compte ?
Est-ce que cette éventualité est à porter
au bénéfice du réchauffement climatique ?
Un bien pour un mal ou un mal pour un bien ?
Les climatologues sont sur les dents,
les ethnologues restent dans l'expectative !
Les '' PEINE-A-JOUIR '', sournois et moroses, sont défaitistes…
Les " PISSE-TROIS-GOUTTES " dans quatre pots de chambre,
laborieusement, ont de la peine à réagir !
Et vous ?
Günther ZANNOR
Collection ZANNOR. 2022 07 16. " ELUCUBRATIONS" et autres fadaises "
Auteur : zandernorbert
LA PLANÈTE PORTA-MURA…ou l’origine du BIG-BANG.
Dans un Univers antérieur à notre actuelle troisième dimension, par le jeu d’une singularité spatiale, propulsés depuis leur monde parallèle de la cinquième dimension, en mission d’exploration, ils matérialisèrent leur vaisseau spatio-temporel sur l’aire d’accueil du cosmodrome de la planète Porta-mura, cosmodrome vide de toute activité.
Après test des différents protocoles d’analyse de compatibilité avec leur physiologie, les deux »extra-astro-cosmonautes », engoncés dans leur scaphandre étincelant, débarquent et contemplent, incrédules, l’espace vide de l’aire d’atterrissage, cernée par un unique mur circulaire.
Ils se translatèrent, auréolés de leur immatérialité, jusqu’à la seule porte visible dans cette enceinte. Franchissant l’ouverture mal fermée, ils trouvèrent la salle d’accueil également déserte, et sans le moindre préposé pour les accueillir. Intrigués, ils explorent une sorte de labyrinthe desservant des espaces clos, qui s’emboitent les uns aux autres.
Finalement, par l’entrebâillement de l’unique porte visible, ils entendent une vive altercation entre deux protagonistes qui se disputaient. L’objet de leur courroux portait sur la priorité à l’obtention de marchés publics dans chacune de leur respective spécialité.
Invisibles aux yeux de ces deux hurluberlus tonitruants, nos deux explorateurs s’emploient à la réalisation de leur objectif, faire l’analyse de ce monde si étrange. L’étude anthropologique et ethnologique qu’ils entreprirent, les laissa pantois quant aux premières constatations.
Depuis longtemps M. MUR, chef de nature opiniâtre, avec son entreprise de construction de mur, a entrepris d’élever des murs partout, n’importe où et n’importe comment sur l’ensemble de la planète, et ce, jusqu’à complète saturation. Il a été tellement industrieux, toutes ces dernières années, qu’il ne restait plus que quelques lopins de terre pour la réalisation de tous ses ambitieux projets d’édification de murs. » Emmurer, emmurer », tel est sa devise, envers et contre tout.
À ce stade de profusion et de débauche, se réunirent les plus hautes autorités dirigeantes, qui confrontées à une réclamation qui semblait étayée, reconnurent le bien-fondé de la réflexion émise par M. PORTE, fabricant de portes à l’avenir incertain.
Jaloux du succès de M. MUR, M. PORTE attire l’attention de ces entités savantes, sur l’aberration de recouvrir la totalité de la planète de murs, de murs et encore de murs. Comment va-t-on se déplacer quand l’objectif de M. MUR sera atteint ? Je ne remets pas en cause le besoin de construire des murs, mais je propose d’améliorer le système, en y incluant des portes, afin d’améliorer la circulation des hommes.
Cette proposition n’était pas dénuée de toute arrière-pensées, puisque M. PORTE navigue au bord de la faillite, n’ayant pas vendu une seule porte depuis des éternités, ses stocks étant indénombrables. Après analyse du rapport établi par la commission internationale, on admit que le bon sens de M. PORTE devait prévaloir. À l’unanimité, moins une voie, celle de M. MUR naturellement, on donna le feu vert à M. PORTE de »portériser ». M. MUR, courroucé, quitta cette docte assemblée, furieux d’avoir perdu le monopole des commandes internationales.
Dés cet instant, sans coup férir et perte de temps, M. PORTE s’employa à équiper tous les murs de M. MUR. Et tout le monde de reconnaître que ce progrès était une avancée fondamentale pour l’humanité. M. PORTE fut encensé. De ce jour, jamais un mur sans une porte et inversement.
Mais arriva ce qui aurait dû être prévisible, et sans issue, un jour on constata que sur la totalité de la surface des continents, seule une dernière petite parcelle restait disponible pour y insérer un tout dernier et ultime petit mur. Mais M. PORTE de s’insurger, pourquoi y construire un mur qui par sa taille ne permettra pas d’y inclure une porte, car cet espace était juste de la taille de sa porte, donc logiquement il devait emporter ce dernier marché.
À ce moment de décision particulièrement délicate pour départager M. MUR de M. PORTE, un petit malin du nom de M. FENETRE, entrevoyant une bonne opportunité, s’employa à convaincre la société scientifique consultée pour ce dilemme, d’équiper ce dernier emplacement d’une fenêtre. Après maintes et maintes tergiversations, analyses, expertises et concertations, ardemment débattues entre les contres et les pros-fenestriens, la société savante décida à l’unanimité, moins deux voies, naturellement celle de M. MUR et de M. PORTE, d’accéder à la suggestion avancée par M. FENETRE.
Fier comme ARTABAN, auréolé de son succès, M. FENETRE s’attela à la fabrication de sa meilleure et plus belle fenêtre qui n’a jamais été conçue depuis le début de tous les temps. Après l’avoir bichonnée, astiquée et même cajolée, il alla en grande pompe, la mettre en place. Les plus hautes autorités autorisant, les décideurs décidant, les scientifiques phosphorant, les présidents présidant, les ministres ministrant, les militaires militant, les chefs et sous-chefs des fanfares claironnant, tous convoquées, assistèrent à cet instant mémorable à la pose de cette fenêtre tant adulée mais aussi décriée par les manifestants inquiets manifestant avec leurs pancartes « laissez-nous nos espaces confinés ».
Au son des cuivres déchaînés, la petite fille, par le sort, désignée, coupa le cordon de l’inauguration. Les pans de la tenture écartés, la foule médusée par tant de beauté, poussa un vibrant » Hourra ! » d’adhésion, se promettant, eux aussi, de »s’enfenestrer » pour accéder aux espaces de rêve et de liberté.
Le Président brandissant son Haut-de-forme et s’apprêtant à un discours de haute volée, fut devancé par l’espièglerie de la petite fille qui, avant que l’on ne pu l’en empêcher, se saisie de l’espagnolette et en grand elle ouvrit les deux battants pour regarder les petits oiseaux sur les arbres perchés.
STUPEFACTION : RIEN, RIEN, au-delà, il n’y avait rien à voir. Le néant, la noirceur de l’obscurité, le vide sidéral, l’absence du tout, le rien-du-tout. Horreur et sidération, la foule figée, ébahie, bourgeois et prolétaires, riches et miséreux réunis devant cette aberration, d’un seul et même mouvement, grondent et se révoltent, ne pouvant admettre ce vide, cette absence de promesses d’avenir et de vastes espaces merveilleux. M. FENETRE abasourdi, réflexion faite, ne se sentant pas responsable de ce » rien « , fait des pieds et des mains, et conserva son monopole et pourra, sans vergogne, »enfenestrer » le monde entier.
Toujours inventif, et plein d’à-propos, le genre humain s’évertue à combler le vide, là où il n’y a rien. Un certain M. ILLUSION, en quête de notoriété, apporta la solution, il plaça une illusion derrière la fenêtre, cause d’autant d’émoi. Pour obtenir l’adhésion générale, il la nomma : << REFLETS du TEMPS QUI PASSE >>. Grâce à ce tour de magie, M. ILLUSION sera nommé « GRAND COMMANDEUR DES PEURS EVINCES ». Toujours méthodique, M. ILLUSION s’acoquina avec M. FENETRE, ils eurent comme devise : ‘ pour une fenêtre posée, une illusion délivrée ! ». À partir de ce jour mémorable, tout un chacun, suivant son humeur du jour, devant sa fenêtre ouverte, pouvait tester son imagination, pour certains, débridée. Je ne vous dis pas ce que l’on y vit ! M. FENETRE comme un forcené se mit à fenestrer en chantant : << fenestrer, fenestrer, est-ce que j’ai une gueule à ne pas fenestrer ! >>.
Le soir, en vu de profiter d’un repos bien mérité, calfeutré dans leur lit douillet, et avant de s’endormir, le genre humain pouvait admirer le magnifique ciel étoilé et la duveteuse voie lactée surplombant les majestueuses cimes enneigées. Mais revers de la médaille, le froid sidéral des nuits étoilées s’infiltrait entre leurs murs. Même avec la meilleure des couettes, de frémissements en frissonnements, de tremblements en grelottements, chacun se gelait auprès de sa chacune.
Sollicité par le courroux populaire, las de subir cette froidure, M. REFLEXION se mit à »réflexionner ». Et, disséquée et retournée dans tous les sens, la réflexion souveraine jaillit : ‘ Eurêka ! s’écria-t-il, le couvercle favorise le bouillonnement de la marmite ! ». Et, trait de génie, un certain M. PLAFOND, mit tout son art à contribution, et se mit à plafonner toutes ces immensités, et plus il plafonnait, plus il y avait de plafonds à plafonner. Plafonner à qui de mieux en mieux, devient l’activité principale sur la planète Porta-mura, pour le plus grand bonheur de notre plafonneur impénitent.
Ce devint une gageure, quand il fallut envisager de réchauffer ces espaces maintenant clos. Au début, M. RADIATEUR, paresseux invétéré, se fit prier, il fallut soudoyer sa compagne pour l’inciter à accepter d’apporter un confort certain à toute l’humanité. Son entreprise se mit donc à »radiateuriser » sur tous les murs de M. MUR. Chaque foyer étant équipé, à la suite on peut passer !
Mais ombre au tableau idyllique de cette société industrieuse, de mauvaises études n’ont pas permis de bien maîtriser la régulation du chauffage installé. Si bien que la chaleur mit à se confiner, à s’accumuler, et plus on chauffait, plus la température augmentait, sans possibilités d’enrayer ce cycle infernal. << Mais, ouvre la fenêtre ! Fait, entrer la fraîcheur ! >> Mais ouvrir sur une illusion, c’est s’illusionner de penser qu’une illusion peut apporter la fraîcheur douce et bienfaisante tant espérée. Plus le thermomètre s’emballait, plus la pression grimpait, pour atteindre des limites incommensurables. L’effet cocotte-minute sans soupape de sécurité fut enclenché.
Mais une autre triste réalité les a rattrapé et avant que M. VENTILATEUR puisse se mettre à »ventiler », il s’avéra qu’il fut reconnu que M. PORTE avait eu un défaut prépondérant, il était âpre au gain. Sa fabrication en a, lourdement, pâti, chaque porte posée souffrait d’une malfaçon majeure, au moindre courant d’air, elle se mettait à claquer. D’où partout, on entendait, incessamment, crier : << LA PORTE ! >>.
Ce cri, des milliards de fois, multiplié, tel un ouragan submergea le monde. Ce maelström centuplé à l’infini entraîna des tourbillons de vent qui s’invitèrent dans chaque habitation, par les portes »claque-ballantes ». Une porte qui claque, cela fait « clac ! », deux portes qui claquent, c’est » clac-clac « , des milliards de portes qui claquent, cela fait des milliards de : » CLAC…BOOUM… BANG…RE-CLAC… RE-BOOUM…RE-BANG…RE-RE-RE-CLAC…RE-RE-RE-BOOUM…RE-RE-RE-BANG… » L’ouragan, par les cris et les claquements réalimenté, à chaque seconde redouble d’intensité. Ce charivari tonitruant se marie au vacarme, barouf, ramdam, fracas, boucan provoqués par l’exaspération populaire, balayant toute autre manifestation. Couplé à ce déferlement, ce pilonnage sonore, la »cocotte-minute » a explosé ! La terre se mit à trembler, les océans à écumer, les raz-de-marée à submerger, les volcans à éructer, la matière à onduler, les atomes à fusionner, la lumière à se dissocier, les particules à s’annihiler… constituant la soupe primordiale… jusqu’à : « L’EXPLOSION ULTIME »…
ET C’EST AINSI QU’UN NOUVEAU BIG-BANG EST NE !
AINSI FÛT ENGENDRE LE COMMENCEMENT DE NOTRE PROPRE TEMPS . . .
déroulant, imperturbablement, son tapis roulant, au devant de la scène de nos existences. De quoi s’interroger : à quoi peut bien tenir le hasard de nos destinées !
~~~~ &&& ~~~~
Prise dans le tourbillon de cette singularité, cette ultime explosion expulsa nos deux ‘extra-astro-cosmonautes », êtres immatériels dans notre troisième dimension, en retour vers leur Univers de la cinquième. Dès leur réapparition, ils furent débriefés, interrogés, cuisinés et soupçonnés de rapporter des sornettes. De toute urgence, toutes affaires cessantes, en congrès réuni, le gratin de ce que la société savante avait engendré de plus clairvoyant, se mit à »clairvoyer ». Les têtes pensantes, imbues de leur savoir incontournable, ne pouvaient porter crédit au récit abracadabrantesque des nos deux héros. Même les cauchemars les plus fous ne peuvent atteindre ce summum de débilité. Ils furent soumis à la question, pressurés, mentalement torturés et furent reconnus aliénés. Les rayons cosmiques ont dû, leur, intervertir les neurones. Un scientifique digne de ce nom, pouvait-il accréditer une thèse par laquelle on rapporte l’existence d’une planète entièrement recouverte d’alvéoles, de nids-d’abeilles, dominée par des industrieux forcenés édifiant en dépit du bon sens, construisant pour »construire », équipant pour »équiper », réflexionnant pour »réflexionner », illusionnant pour »illusionner », contre toute logique écologique ? Mais peut-être que dans leur troisième dimension, ils n’en sont pas à un anachronisme prêt, jusqu’au sacrifice d’une vie de plénitude et d’épanouissement. L’anéantissement de leur monde a prouvé que si : ils en furent capables !
Et ainsi se conclut ce symposium : << Revenons amis scientifiques à des considérations plus prosaïques, restons chez nous, les pieds bien ancrés dans notre cinquième dimension, et ne laissons pas, la faculté, aux industrieux rêveurs cupides et impénitents imposer leurs songes et délires déments >>.
~~~~ &&& ~~~~
Et vous « troisièmedimensioniens » – « troisièmedimensioniennes » répondez, nos scientifiques, nos cosmologistes sont-ils plus . . . aptes à discréditer la vérité . . .
sur mon BIG BANG ainsi expliqué ?
Votre Günther ZANNOR.
QUI SUIS-JE ?
Moi je suis et Toi tu es !
si Moi je suis en te suivant
et Toi tu es en me précédant
nous sommes tous deux,
suivant et précédant,
tout en étant en allant
si tu es mon précédant
et Moi ton suivant
nous sommes tous deux,
suiveur et suivi, innocemment
tout en marchant
nos reflets, dans mon miroir, m'interpellent
et si Moi j'étais Toi,
alors tu serais qui Toi que je suis
quand par Moi tu es suivi ?
me suis-tu dans ce que je te dis ?
là, dans la schizophrénie, réunis
je sais maintenant QUI JE SUIS :
UNE HALLUCINATION !
si je m'hallucine, face à mon miroir
je me vois me rapprocher de Toi
content que tu sois Moi
cela me met en joie
en me détournant de ce miroir
je ne vois pas que tu t'éloignes de Moi
mais content que je sois Toi
en Moi reste la joie
pour te surprendre, je me retourne
voir si aussi, la joie est en Toi
ébahi face à Moi
je vois un rabat-joie :
CAUCHEMAR !
seul dans mon tourment
je me réveille
l'angoisse au corps chevillé
d'avoir en Moi, découvert
une double personnalité
malgré ce trouble si oppressant
je m'émerveille
le cerveau émoustillé
d'avoir en Nous, découvert
notre étrange complicité :
PLÉNITUDE SCHIZO !
nous complaire dans notre duplicité
en partageant ma joie
de m'être retrouvé en Toi et Moi
réunis pour l'éternité
SATISFACTION
Günther ZANNOR
Collection ZANNOR (2020 01 28) Série : " Paradoxes ".
AU NOM DU POIL…
En permission, un Poilu qui s’idolâtrait, surnommé < Briscard, l’élégant ! >, et adulé au sein de sa Compagnie, s’époumonait comme un beau diable : « par la barbe du Prophète; la barbe te dis-je, il y en a marre; assez de cette barbe en broussaille ; un coup de cisaille en représailles et enfin la tranquillité. »
La barbe toute tremblante et frissonnante, le flattant dans le sens du poil avec obstination, parlant dans sa propre barbe, avec son cheveu sur la langue et reprenant du poil de la bête, sentant sa fin prochaine, susurra avec insistance, à l’oreille du Poilu : » Si tu te la coupes, tu ne seras plus du tout reconnu comme le plus beau Poilu… barbu d’entre tous les Poilus barbus. Ton visage sera glabre et fera l’objet de tous les sarcasmes et railleries. De mauvais poil tu seras et l’admiration de tes fans tu perdras. »
« Imagine ta vie sans ma présence. De toi, dans leurs barbes ils riront et se gausseront de ton menton, en crâne d’œuf. »
Elle espérait ainsi rester cette belle toison touffue formant une barbe fleurie, olympienne dans son port, d’une parfaite symétrie, ayant été élue la plus distinguée barbichette au sein de cette prestigieuse Compagnie de Sapeurs ; malgré ces quelques vilains, ces mals intentionnés, qui insidieusement, osassent, dans son dos, de temps en temps, porter la critique (par jalousie on présume) jusqu’à émettre des béguètements chevrotants.
Sans vouloir couper les cheveux en quatre, il ne pouvait pas décemment la sacrifier, elle, cet attribut majeur de sa personnalité, elle, qui était sa raison d’être, sa parure, son panache, sa distinction… sa dignité.
Pourquoi alors jusqu’à ce jour, patiemment, amoureusement, l’avait-il sculptée, brossée, peignée, choyée, caressée pour composer cette majestueuse barbe à la Verdi, poussant la minutie jusqu’à cirer l’extrémité de ses bacchantes pour un harmonieux équilibre.
Serait-ce à cause de cette bourrasque capricieuse qui, sournoisement, retroussa subrepticement trois poils à son menton, le contrariant et le rendant fou de rage ? Craignant que l’on se gausse de ce ‘bouc’ disgracieux ?
Au pied du phare imposant, nous étions tous trois, debout, en bout de jetée, face à l’océan démonté, dans les embruns tournoyants, les rafales inopportunes, mon Briscard sa Belle et moi.
Ressentant son malaise et sa contrariété, Isabelle se blottit amoureusement contre lui et lui murmura : « barbe en broussaille ou barbe ordonnée, je t’aimerai pour toujours mon Sapeur bien-aimé. »
Il s’en est fallu de peu pour un sacrifice, mais subjugué par le languissant regard de sa Belle, il se dissuada de rejoindre la communauté des imberbes du menton.
Surpris par cette preuve d’amour spontanée, de sa main droite il l’attira et l’enlaça pour un fougueux baiser.
Faisant face aux éléments déchaînés, le torse bombé, sa main gauche vint par un doux effleurement, remettre en ordre mes trois poils récalcitrants, objet de son énervement.
Satisfaite d’avoir reconquis toute ma prestance, ma pilosité à nouveau restructurée, les trois dissidents remis dans le droit fil d’un ordonnancement quasi militaire, j’ai enfin retrouvé ma sérénité.
Comme à la parade, j’affichais ma fierté, car c’est moi, sa barbe, qui, au final… fut cajolée, par l’affirmation de sa fidélité.
C’est à partir de ce moment mémorable, où notre Poilu revint à la raison, qu’il entonna, à pleins poumons, notre chanson, devenu l’hymne populaire des barbes et des barbus :

J'ai un poil... au menton
ça c'est... une interrogation
un deuxième... vint à pousser
c'était... pour m'humilier
un troisième... s'imposa
tu ne le... croiras pas
le quatrième...m'a surpris
je n'm'en suis... jamais remis
au dixième... j'ai paniqué
de ce qui... m'arrivait
au centième... qui émergea
j'en suis resté... baba
au-delà... il a fallu
mais je n'l'ai... pas cru
qu'il fallait... les taillader
pour se faire... une beauté
et depuis... ce jour là
toutes me tombent... dans les bras.
Vive la barbe... et les barbus
car nous sommes... les élus
la moustache... est tolérée
mais sans... exagérer
les imberbes... au bucher
ils seront... sacrifiés :
Au nom du poil tout puissant,
Inflexible et arrogant !!
Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2018 11 16. »NOUVELLES & COMPTINES »
POMPEI.
Le Vésuve au souffle puissant
aux impalpables bouillonnements
étreint de sa cendre volatile
Pompéi, la morte-ville.
Les volutes incendiaires
s'insinuant dans nos chairs
la vie, au trépas s'abandonne
arrogante, la mort claironne.
Dans un désespéré et ultime élan
la mère protège son petit enfant
contre son sein le confine
le destin, cruel, les assassine.
Sous ce grand linceul de feu
et le courroux de nos dieux
du cratère, léchant les pentes
dévalent les nuées ardentes.
Sous les coups de boutoir du volcan en furie
martelés, en traître, il nous prend la vie
les lapillis, du ciel ont surgi, violemment
ensevelissant l'insidieux et suffocant néant
Fontaines, bassins et nymphées
vos belles eaux sont annihilées
les sources sacrées sont taries
nos offrandes votives englouties.
Vulcain, en colère, nous a bien punis
de toutes nos bassesses et perfidies
là, gisant, sous l'épaisse chape cendrée
pourrions-nous, un jour, être pardonnés ?
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR (2017 11 15). " Poésies"

UN BRUIT QUI COURT.
Comme qui dirait l’autre (de fait, c’est bien connu, c’est toujours l’autre, naturellement, qui dit) : il a dit avoir entendu bruire : que des quidams, dignes de foi, avec opiniâtreté, affirment qu’ils ont entendus dire qu’il y a un bruit qui court ! Repris, de plus belle, et là sans chuchoter, sans vergogne, par un aréopage, constituant la confrérie des colporteurs »du bruit qui court ».
Or, sachant que ces colporteurs ne sont pas des « enfants de cœur », puisque parmi les colporteurs, il y en a, qui sont pires encore que des « cabochards », alors qu’il y en a des biens des « cabochards », faut pas généraliser, mais assurément une majorité de colporteurs sont aussi bien pires que certains, des pires « cabochards », seulement, voilà, opportunistes, ils propagent à tout va.
Sauf, qu’à ce stade, une rumeur persistante et insistante confirme que le bruit qui court et qui fut entendu, le fut dans l’enceinte d’un stade d’athlétisme. Étrange en vérité, quel impact, quelle influence, cela aura-t-il sur les sceptiques, les incrédules, les dubitatifs, si, finalement, cela se révèlerait être une réalité ?
Accepteront-ils que la course de ce bruit puisse-être effréné ou de longue haleine. Ne serait-ce qu’en fonction, de sa vélocité et son insidieuse pénétration, de son énergie engagée et sa proportionnalité, donc avec des capacités à s’engager dans une course de rapidité, une course de fond, peut-être un marathon, et qui le favoriseraient lors d’une confrontation sportive de haut niveau ?
Même un bruit qui court, avec ses petits petons immatériels, se doit, selon les règles, de se plier aux contraintes de la gravité. Il doit donc s’évertuer à poser ses semelles sur le tarmac des prestigieuses pistes, de nos stades, sous des hourras espérés enflammés.
Pour pouvoir proclamer sa prétention à la victoire face à l’engouement et aux clameurs frénétiques de spectateurs enthousiastes, il devra se surpasser s’il veut se donner une chance de rivaliser avec des coureurs chevronnés.
Somme toute, cela me laisse pantois, et j’ai cru percevoir, par le biais d’un »on-dit », qu’il fut dit qu’il y a un autre bruit qui court, à savoir que la thèse développée ci-dessus ne serait qu’une galéjade.
Un bruit qui aurait couru : fantaisie, qui pour le croire ? Dans la négation, on se retrouverait devant des spectateurs, floués, orphelins d’un spectacle annoncé comme rare et exceptionnel, qui repartiraient avec le sentiment d’avoir été mené en bateau.
Pour discréditer cet augure, ne serait-il pas aussi simple de mener ce bruit qui court, également, en bateau, loin de toute logique, pour asseoir son absurdité.
Dès lors, dans la vie de tous les jours, on murmure : que, si l’on prête oreille aux innombrables bruits qui courent, on espère qu’ils seront très vite épuisés, puisqu’épuisants. Néanmoins, compte tenu de la persistance de ces rumeurs galopantes, ce n’est pas assuré.
Toutefois, si, malgré tout, dans votre inconscient, elles s’enfouissent durablement, cela nécessitera une myriade de bataillons de contrebruit qui court, pour vous persuader du côté néfaste de tous ces bruits qui courent.
Par conséquent, si vous ne vous sentez pas concerné, cela signifie que vous n’avez pas l’esprit tranquille. Alors, faites une introspection et remettez-vous en question. Sinon, étant donné que les potins s’obstinent à accréditer l’existence d’un bruit qui court, il sera perçu, par vous, comme une réalité, vu la faiblesse de vos convictions.
Mais si, par hasard, vous croisiez les membres actifs de l’association des » antibruits qui courent », ils saisiront, de raison, l’occasion de vous retourner le cerveau à l’endroit et vous remettre sur le droit chemin du pragmatisme.
En corroboration de leurs convictions, j’ai ouï-dire et y prête foi, qu’il flotterait, dans l’air, un étrange bruit qui court, comme quoi, vous autres colporteurs, vous êtes des êtres bizarres, adeptes d’absurdes racontars, d’irrationnels commérages, de persifflages saugrenus et d’extravagants ragots.
Je laisse le soin à ce bruit qui court de véhiculer cette affirmation. Ce qui, pour un bruit qui court, pourrait, éventuellement, être salvateur, si, ils en prenaient conscience.
Maître de mon libre arbitre, pour ma part, je ne rejoindrais jamais, en toute lucidité : la confrérie des colporteurs »du bruit qui court ».
A bon entendeur, salut ! (Mais, ne le dites à personne, je reste à l’écoute, on ne sait jamais !)
Günther ZANNOR.
EPILOGUE
Allo, allo… Hé ! Dites voir, me permettez-vous de m’immiscer ?
Oui, voilà, vous êtes-vous déjà posé la question principale, à savoir : connaître le point de vue, mon point de vue, en tant que « bruit qui court » ?
Mon existence immatérielle ne pouvant pas être rejetée, il se doit, par rapport aux dires qui se colportent, que je puisse m’offusquer de vos divagations.
Je n’ai nul besoin que l’on m’adjoigne de petits petons pour jouir d’une vélocité, quelle qu’en soit la vigueur. Je vous assure, je suis en mesure de m’épancher d’une manière effrénée ou de longue haleine en toute liberté.
Mon pouvoir d’infiltration me donne la faculté d’être incisif ou insidieux, percutant ou sournois, persuasif ou dissuasif. Dans ma palette, je jongle avec tous les choix, aucune contrainte, en osmose avec l’humeur du moment et la fantaisie de mon géniteur.
Je propage et popularise, à l’envi, les rumeurs, les vicissitudes, les bonnes comme les mauvaises choses. Je peux être flatteur ou méprisant. Qui, pour m’en empêcher : pour quelques-uns, des délateurs, pour d’autres, des encenseurs ?
J’aime flagorner les sceptiques, les bienpensants. Je mène ma barque comme je l’entends, contre tout opprobre et toute flétrissure ou toute gloire et toute considération. Je volète, plane, virevolte, flâne, m’échine, butine de bouche à oreille, pour la satisfaction de celle ou celui qui me prête vie et m’adopte, quelle que soit ma teneur ; au choix ! C’est ma liberté. La vôtre, si vous consentez à m’accepter. N’en prenez pas ombrage si je vous déconcerte. Un autre bruit qui court (oui, je ne suis pas seul à sévir ou à servir), lui, en contre-pied, vous adulera pour votre délectation et votre plaisir.
Comme toute vérité n’est pas toujours bonne à dire, certains bruits qui courent ne sont pas toujours bons à entendre. Faites la sélection. Par contre, certains bruits qui courent peuvent flatter votre égo comme toutes belles vérités peuvent vous encenser.
Je courtise, en général, les indécis, les indolents, les mollassons, les nonchalants, les endormis, les flegmatiques, soit les paresseux du cerveau, ainsi que certains passifs y retrouvant leur compte. Je me targue d’intéresser les résolus, les pétulants, les exaltés, les enthousiastes, les frénétiques, les impétueux, les phosphorants du cerveau, ainsi que certains adeptes y retrouvant leur compte.
En un sens, dans l’ensemble, je suis fier de moi, de ce que je représente, de ce que l’on attend de moi. Malgré l’avalanche de critiques, qui envahissent mon univers. Moi, « bruit qui court », je me dois d’être impartial, incorruptible, entier, nulle déloyauté envers mon créateur, qu’il soit vil ou complaisant.
Malheureusement, mon destin est scellé, comme le vôtre, pauvres mortels, mon existence est éphémère. Je tomberai, indubitablement, dans l’oubli. Mais un espoir peut subsister, puisque certains « bruits qui courent » sont restés dans la mémoire de l’humanité. Ils en ont infléchi sa destinée. Moi, modeste « bruit qui court, je les envie.
Depuis la nuit des temps, par myriades, mes frères et moi, nous avons surgi, nous avons diffusé, nous avons été le relais du bonheur, du malheur du genre humain, nous en sommes conscients. Ayez une pensée pour nous ou un pardon. Mais nous autres, « les bruits qui courent » (non pas après la gloire) sommes ainsi faits, c’est notre nature.
Une tendance, reconnue, accréditerait la croyance que la finalité d’un « bruit qui court » serait de répandre de mauvaises nouvelles, des infamies, des calomnies. Que nenni, je dis, puisqu’un bruit qui court relate que, moi, je suis un gentil !
Bien à vous . . . votre gentil et attentionné « bruit qui court ».



Note de l’auteur : Attention : ces » bruits qui courent », tel le Phénix, ils renaîtront, imperturbablement, de leurs cendres, soyez sur vos gardes !
Collection ZANNOR. 2024. »DICTONS & MAXIMES REVISITES »
LA COMPLAINTE DES BONS SENTIMENTS : Chapitre XIV : SAGE COMME UNE IMAGE.
L'affirmation de la sagesse est-elle assurément le reflet d'une réalité exprimée par une image ?
 l'inverse, une image est-elle le miroir d'une sagesse ?
La définition d'une image est portée par son contenu, si celui-ci est subversif, cette image est-elle sage par définition ?
Donc, l'adage se trouve en porte à faux.
Par contre, une image présentée comme "sage" génère, à priori, une adhésion positive, mais la sagesse réduite à sa seule évocation par le biais d'une image, n'est-ce pas réducteur ?
Car l'interprétation d'une image est conditionnée par notre état d'âme, à un instant donné, état qui peut différer à l'instant suivant.
La sagesse me ferait dire qu'une image engendrant du bien ne nous autorise pas à nous définir comme "sage". A l'inverse l'analyse d'une image extériorisant le mal où une négation, peut, éventuellement, nous guider vers la sagesse.
Ce paradoxe nous éclaire sur les proverbes et dictons qui sont la quintessence de l'expression populaire au fil des siècles et qui nous entraîne à l'acceptation d'une vérité, mais, qui a la faculté d'être interprétée ou dénoncée.
En dépit de cela, l'image que je me projette de moi, me permet d'affirmer, haut et fort, que le sage : c'est MOI !
C'est pourquoi, tout au long de mon existence, j'ai toujours été « sage comme une image ».
Belle image d'un narcissique tout en sagesse…………………
Günther ZANNOR.
EXTRAIT du recueil "PENSEES PROFONDES " de et par GÜNTHER LE PRUSSIEN… Editions ZANNOR, fascicules A 231, chapitre XIV, alinéa 15.
Tirages limités, numérotés de 0101 à 2001, et tirages collaborateurs de 0001 à 0100, juillet 2016
Collection ZANNOR.2016. « DICTONS & MAXIMES REVISITES »
LEO.

Léo ! Léo, écoute ! sais-tu qui je suis ?
Je suis... je suis celui qui rend les enfants… tout ébahis.
Je viens de loin... si loin, si loin d'ici
que mon long voyage fut un long, un très long défi.
Je suis né dans l'écume des crêtes, des crêtes au sein de la tempête
au sommet des vagues, des vagues déchaînées
les bourrasques violentes, de ma mère, m'ont arraché
j'ai pris mon envol au-dessus... de l'océan en colère
mes myriades de gouttelettes se sont envolées dans les airs
soulevées par les rafales d'un cyclone impétueux
nous nous sommes toutes regroupées au sein des cieux
formant ces gros nuages sombres et furibonds
entraînées, malgré nous, dans ce vaste tourbillon.
Toutefois, là... je ne suis pas encore tout à fait moi
par contre, je sais que mon destin sera de bon aloi.
Avec témérité, prenant notre mal en patience
nous nous sommes épaulées et avoir cette chance
de pouvoir survoler cet océan immense
au cœur de ces nuées... et ondées intenses.
Emportées sur les ailes des puissants courants d'air
chevauchant ces monstrueux déferlements... nous voilà fières
d'apporter aux hommes bienveillants... au seuil de leur chaumière
ces belles eaux qui enfantent les belles rivières
ce précieux liquide, cette eau bienfaitrice
l'eau de la vie pour eux assurément... propice.
Poursuivant notre périple au-dessus des continents
nous nous épanchons joyeusement en nous séparant
celles qui nous quittent font la pluie nourricière
quant à nous, notre chemin au-delà des barrières
nous mènera, Léo... jusqu'à ton... chez toi,
le pays lointain... où le froid règne en roi
ce roi, qui nous habille d'un manteau glacé,
de gouttelettes en flocons, nous a transmuées.
Se pavanant fièrement dans nos nouvelles parures
chacun de nous, coquet et fringant, on s'assure
que nos toilettes, tout de blanc, miroitantes
entreprennent leurs gracieuses chutes lentes
vers ton jardin secret, ton jardin adoré
nous venons gracieusement, virevoltant, nous poser
recouvrir la nature hivernale de notre douce caresse
pour t'apporter, à toi, Léo... joie et allégresse.
De cette légère et duveteuse écharpe blanche
tu vas de tes mains habiles me donner, ce dimanche
ce dont j'ai longuement rêvé, rêvé en ta compagnie
en riant joyeusement... de toi, recevoir la vie.
Tes rires joyeux me tourneboulent
rondement en boule, tu me roules,
sur mon gros ventre, mon ventre bedonnant
mon torse, ma tête vont dodelinant
enfin, la dernière touche, impatient, tu poses
à la place du nez, une jolie carotte rose
mon galurin ridicule, sur ma tête, posé
me confère un air d'épouvantail enjoué.
Léo, en reculant, tu contemples émerveillé
ton œuvre, de tes mains, brillamment façonné
ému, maintenant, tu sais qui je suis
je me voue à toi et te séduis.
"Ton beau, ton grand bonhomme de neige" suis devenu
je vois dans ton regard que tu me portes aux nues.
Par notre belle complicité unique
et ces doux instants d'une entente magique
des larmes de joie de mes yeux s'écoulent
furtives, mais très vite gelées, je les refoule
même s'il est de glace, mon cœur, mon tendre cœur
bat et battra toujours au diapason de ton bonheur.
Déjà, la crainte du redoux s'invite au coin du bois
le temps est venu de se quitter, l'émotion dans la voix
A tous ceux qui veulent avec Léo, la prochaine saison
nous retrouver et jouer à nouveau à l'unisson
l'hiver prochain, assurément, je vous le promets
pour Léo et vous, mes bons amis, je reviendrai.
Il est l'heure, pour moi, de ruisseler vers la mer,
la mer, qui est ma mère et qui m'est très chère
qui en son sein, amoureusement, me câlinera
jusqu'au jour béni où l'aventure, enfin, se perpétuera.
A bientôt, mon cher complice ! Et fi de la mélancolie.
Joyeux Noël à toi Léo et à tes chers amis !
Günther ZANNOR
Collection ZANNOR. 2020 01 18. ''NOUVELLES & COMPTINES''


LAISSER PLANER UN DOUTE.
Je suis : le DOUTE, le seul, l'unique, n'en doutez pas.
Dans mon monde de « l'irraisonné », je fais figure de précurseur, j'ai accepté la mission, d'être : '' le pourfendeur de l'intransigeante CONVICTION ''.
J'ai pour dessein de bousculer tous mes condisciples qui se complaisent, dans une routine feutrée et agréable d'une vie sans ambition. Ils ne se posent, à aucun moment, des questions existentielles, se pavanant dans l'acquis, et ne se mettent jamais en doute. Je veux qu'ils me soutiennent dans ma noble croisade.
Réveiller la corporation, les faire adhérer à ma cause, pour une prise de conscience, dans le but d'affirmer notre suprématie sur les négationnistes du doute ; oui, malheureusement, il existe des adorateurs de l'intransigeante CONVICTION, sans nul doute et sans partage.
Aussi, la quintessence de notre confrérie assurera l'aboutissement de la culture et le règne du doute.
Semer le doute deviendra notre raison d'être, la philosophie de notre dictature. Porter le doute dans tous les esprits bienpensants ou non, qu'importe, c'est apporter la lumière aux insoumis.
J'ai décidé, aventurier que je suis, de bousculer leur ostracisme, et de répandre, de par le monde, la bonne et juste parole de la contestation, de la controverse et du scepticisme.
Partager les joies de l'hésitation, de l'incrédulité, de la perplexité, auprès des incrédules affirmant, haut et fort, être les champions de la conviction, de la certitude, persuadés du sérieux et de l'intangibilité de leur foi. Intransigeants dans leur fanatisme, incapables d'accepter l’existence de formes plus nuancée d'opinions.
Posons-nous la question, pourquoi moi, le prince du ''doute'', je devrais éternellement douter seul dans mon microcosme ? J'ai l'ambition de la malice, je vais égayer mon impudence. La farce n'étant pas prisée dans mon entourage, je vais, de ce pas, aller titiller le monde de la raison et de la conviction.
Mais je suis dans l'expectative de ce qui m'attend, n'ayant jamais franchi les frontières de la conviction. Soyons fous, et osons.
Me présentant aux garde-frontière, je m'interroge, me laisseront-ils entrer, ou devrais-je user de subterfuge ? Mon doute fut avéré, je fus refoulé, n'a-t-on jamais vu un doute infiltrer le domaine de la conviction, inimaginable, me sermonnèrent-ils, en riant sournoisement.
Obstiné, je me consulte et me questionne sur mes différentes alternatives, avez-vous déjà entendu que l'on pouvait, insidieusement, « laisser planer un doute » ?
Et bien, ni une ni deux, je m’élève dans les cieux et me mis à planer. Voletant de-ci de-là, au hasard, au-dessus du Parlement je me suis trouvé. M'infiltrant, perfidement dans la salle des débats, occupée par les dignes représentants de la nation « Conviction », j'y laisse planer mon doute préféré, celui qui imperceptiblement nuit à tout dogme éternellement établi. Doute, qui engendre la défiance dans la certitude, tel un ver dans le fruit de l'évidence.
La véhémence des propos me surprend : « conviction, conviction ! vocifère le débatteur courroucé. Voilà le maître-mot, il n'y aura pas, tant que je vivrai, d'autre précepte que la conviction, messieurs de l'opposition, de votre agnosticisme, on ne veut pas ».
Planant de plus belle, dès cet instant, la puissance de mon doute commença, à s'infiltrer, s'insinuant sournoisement.
Sous son joug, l'orateur, perdant pied, toussota, se raclant les cordes vocales. Pour la première fois de sa vie, une seconde d'hésitation, le doute s'empara de lui, interrompant, sa diatribe. Il reprit sur un ton moins convaincant : « Mais, nom de, heu, nom, puisque, heu, j'ai raison, heu, heu, vous pouvez, heu, accréditer ma thèse, heu, cela se pourrait-il qu'il existât, heu, des arguments permettant, heu, de minimiser mes préconisations, heu... »
L'opposant, triomphant, lui coupant la parole : « mais, oui, sans l'ombre d'un doute ! »
Oh ! sacrilège, jamais, au grand jamais, depuis la nuit des temps, personne ne s'était permis de prononcer ce mot éhonté, banni dans cette enceinte. Jamais le mot ''doute'' ne fut utilisé, même jamais évoqué, ni jamais pensé.
L'assemblée pétrifiée, dans un silence d'outre-tombe, laissant planer leur scepticisme, qui rejoignit mon doute toujours planant, eut du mal à se convaincre de la réalité de la profanation qu'ils subissaient.
Effaré par l'ampleur de son crime, lorsque ce mot diabolique franchit sa bouche, l'opposant se jeta au sol, geignant, suppliant ses pairs, de l'absoudre de toutes coercitions. Ce mot, disait-il, lui est venu, contre sa volonté. Il s'est insinué en lui et n'a pu s’interdire de le prononcer. Un maléfice avait pris possession de son libre arbitre. Il en était lui-même abasourdi, et… mais il ne put terminer. Il se fit conspuer, vilipender, injurier, bannir à tout jamais, et, manu militari, il se retrouva, sans fanfare ni trompette, au fond d'un cachot. Comme on le découvrit plus tard, il devint sa dernière demeure.
Le doute se mit à l'ouvrage.
Ces dignes représentants de la nation mirent des semaines, des mois à se remettre de ce séisme, car, le doute, une fois installé, il leur fut impossible de retrouver leur sérénité.
Et les tribuns de tribuner, les orateurs d'orateuriser, les commentateurs de commenter, les rapporteurs de rapporter, les harangueurs de haranguer, les déclameurs de déclamer, avec moult effets de manche et d'emphase, ne firent pas progresser la prise de conscience d'une inéluctable mutation de leur futur.
Je leur insufflais à leur insu : « Vous, dans votre monde de convictions, vous avez aussi vos menteurs, je m'en doute. J'affirme que celui qui trompe implicitement sème le doute, même si vous refusez de l'admettre. Vous êtes donc amené à me côtoyer. Oseriez-vous, encore, douter du doute ? Alors, ne doutez pas de vos mensonges. Incrédules, sceptiques que vous êtes, pouvez-vous, aujourd'hui, sans aucun doute, récuser le doute ? »
Ce qui provoqua une rupture avec leur électorat de base alerté par les médias qui commentèrent, à qui mieux mieux, ce malaise national.
Mais, comme dans toute société, chaque sujet, en chassant un autre, ce crime linguistique, prit la forme d'une simple novelette et fut vite oublié.
La zizanie s'atténuant au fil du temps et, après m'être enorgueilli de cette facétie, je dus reconnaître la faible portée de mon intervention.
Je tentais donc une nouvelle expérience.
Je pris conseil auprès de mes proches, tous des doutes de haute volée, on s'en doute, ce qui me permit d'élaborer une stratégie à la hauteur de notre sens de la plaisanterie désopilante.
De retour, dans ce monde obtus, j'ai semé le doute dans l'esprit de tous les bons pères de famille. Jusqu'alors, ils étaient convaincus de leur légitime paternité, excluant tout doute dans leur mode de pensée.
A partir de cet instant, ce fut la révolution. La suspicion devint le sport national. Qui des amoureux, des affectueux, des subjugués de l'amour, ne furent pas touché par cette incrédulité sournoise qui envahit leur subconscient.
Les regards, de travers, des cocus potentiels, fustigèrent leurs tendres épouses qui, pour seule défense, évoquèrent leur bonne foi, furieuses et offusquées face à une telle suspicion. Les infidèles manifestes firent profil bas, on s'en doute. Le ton monta, s'amplifia, l'incompréhension prévalut dans chaque foyer. Le relent de la méfiance s'accentua et le doute présumé se transformèrent vite en certitude, ce qui fut l'apothéose de mon prestige. La défiance, l'inquiétude, l'incertitude, la controverse, l'équivoque s'imposèrent imperturbablement. La société en émoi constata l'hécatombe provoquée par les ruptures, les divorces, les séparations, laissant pantelantes les nouvelles structures monoparentales.
Mais une voix s'éleva, au-dessus de la cacophonie, notre cher et respecté philosophe des lumières, Jean-Levy, se présenta en sauveur ultime, en proposant, la concorde.
Une nouvelle harmonie devra prendre le pas sur la bien-pensance de la conviction. Il faudra intégrer, qu'un jusqu'au-boutisme ne peut dominer ; dorénavant, l'intégration du doute sera une évidence.
Ce mot enfin lâché favorisa l'esprit critique, et la paix matrimoniale fut rétablie, et le pardon s'incrusta. Un monde nouveau s'offrit, introduisant nuances et compromis. Ce qui complexifia les relations de tous ordres, mais cela est un autre problème, qui ne me concerne pas, ma mission, elle est accomplie.
Je me targue, voyez la statue à mon effigie, d'avoir, par mon espièglerie, su apporter l’expression d'une réalité différente. Le doute n'est pas permis, car je suis un homme de conviction, je ne doute de rien, on s'en doute !
Mais... dans mon for intérieur... un tout léger petit doute... s'installe.
Normal ! Sans nul doute... je suis bien le Prince du doute.
Moralité :
La conviction du doute peut faire douter de la conviction.
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2016. ''DICTONS & MAXIMES REVISITES''.
S’ENTENDRE COMME LARRON EN FOIRE
ou la ritournelle des gais lurons !
Toi, mon bon larron . . . mon digne compagnon,
Il ne faut pas les croire
ce serait dérisoire
continuons à nous entendre
et du plaisir à leur prendre
Mon compère, me suis-tu ?
oui, sinon nous sommes perdus
de nos farces, nous nous nourrissons
et la bonne humeur nous engrangeons
Comme dit le bon bourgeois
tout en agitant ses doigts
ils s’entendent comme larron en foire
ils passeront par le purgatoire
Ne pas se laisser détourner
par la morale de la bonne société
soudés comme les doigts de la main
ne nous interdisons rien
Sur notre sagesse, nul ne parie
de nous soumettre au défi
d’entrer dans le droit chemin
ce sera sans lendemain
Ils nous traiteront de bouffon
mais nous en gais lurons
nous cultiverons nos facéties
nos aventures, nos péripéties
Puisque, nous pouvons nous amuser
pourquoi, vouloir s’en priver
nous écrirons notre belle histoire
pour notre renommée et pour la gloire
Vois la tête de ces quidams
qui toujours nous blâment
que notre malice agace
mais nous laissent de glace
Faire la foire comme des larrons
envers ceux, que nous taquinons
à l’encontre de leurs valeurs
ne nous apporte que du bonheur !
reste mon compagnon . . . l’occasion fait le larron ……….
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2016. « DICTONS & MAXIMES REVISITES »
