Bonnes gens, je vous le clame haut et fort
sans aucun regret ni remords
bientôt riche et bien loti
j’ai un père, dans ma vie
je le couve et je le flatte
loin de moi que je l’combatte
assidument en ma sagesse
je l’encense, tout en finesse
et l’encourage à cultiver
sa triste particularité
Va, soit dur au labeur
cultive et accrois tes valeurs
floue les incrédules
en tes coffres accumule
hume ton or capiteux
exploite les vaniteux
amasse les dividendes
accepte humblement les offrandes
fais l’apologie des taux d’usure
des critiques, n’en a cure
fructifier tes biens et possessions
ici-bas, telle est ta mission
Ne prête qu’aux riches, ils te soutiendront
fats et imbus, dans ton ascension
ces gueux sans relâche, à te louer
envieux de ta notoriété
qu’importe, qui se moque
les jaloux, que l’on évoque
trouveront matière à dénigrer
toujours prêt à envier
ta sobriété opulente
par laquelle, tu les supplantes
Je suis rasséréné de savoir, jusqu’à la fin
tu engrangeras et choieras tes gains
un bel avenir m’est assuré
merci père, de si bien œuvrer
bien que mon ordinaire soit rude
mon oisiveté engendre le prélude
à courtiser ma paresse
assis sur ma future richesse
J’admire ta ténacité
loin, que cela m’indiffère
puisqu’à ta mort… mon « Père »
de toi… je vais, hériter.
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2023 11 28. »POESIES »

Le principal, c’est d’hériter !!!
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J’ai tout compris… enfin je crois 😄
Ton père doit être rassuré : après avoir passé sa vie à accumuler, il découvre que son plus bel investissement… c’est toi, allongé en attente de dividendes successoraux 😂
C’est entre la satire sociale et le testament anticipé !
Sous les airs d’éloge filial, ton texte est surtout un magnifique portrait de l’avidité humaine : le père accumule, le fils attend l’héritage, et chacun trouve son bonheur dans la cupidité de l’autre.
La chute est délicieusement cruelle.
Ce serait bien d’imaginer maintenant sa réponse ! A ta plume !
René
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