LA COMMERE.

Connue dans tout le canton
fière et auréolée de son renom
lequel la rendait satisfaite
d'être le héraut qui se prête

aux potins faire l'apologie
face aux gens hilares et réjouis
avec sa langue bien pendue
la commère fut confondue

la médisance s'installa
l'opprobre l'emporta
les sarcasmes allèrent bon train
répandus par les vilains

courroucé, son compère
œuvrant pour la faire taire
rapporta sur ses exploits
la vérité, triste en soi

par le Roi évincée
accablée et dépitée
n'être point la favorite
la laissa toute déconfite

n'avoir pas été, honorée
par ce rustre paltoquet
à la faible constitution
loin d'être un parangon

ce roi, cet arrogant
l'avoir mise au ban
de la société bien pensante
la laissa toute pantelante

son esprit et sa beauté
n'étant pas glorifiés
venger cette déconvenue
les commérages, porta aux nues

répudiée, haut et fort elle colporta
les secrets d'alcôves, qu'elle dévoila
pour crimes de lèse-majesté
elle fut, bel et bien, décapitée.

Moralité :
Aux mécréants, la médiocrité
la toute puissance... aux âmes bien née.

Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2023. "PÔESIES"

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TIRER LE DIABLE PAR LA QUEUE

Au long de mon parcours sur cette Terre ingrate,
au sein de cette société perfide et scélérate,

j'ai toujours tiré le diable par la queue,
à l'encontre de mes espoirs et de mes vœux.

Contraint par les vicissitudes de ma vie,
jamais, assurément, je ne m'en suis sorti.

chemin faisant, je n'ai joint les deux bouts
mon refuge fut une vie, une vie de filou.

Au jour du jugement dernier, aux portes de l'enfer,
nouveau statut pour moi dont je ne saurai que faire,

évidemment, pour me venger de cet affront,
je tirerai, allègrement, le Diable par la queue, pour de bon.

Le plaisir retiré, sera-t-il à la hauteur de sa réaction,
j'attends, curieux et vengeur, explications et justifications.

Orgueilleux et imbu, pour assouvir ses méchancetés,
il fait subir contraintes et misères à l'humanité.

Il aura à s'expliquer, pourquoi, de mon vivant,
ainsi qu'à tous mes frères et sœurs, de tous temps,

l'on en fut réduit à tirer le diable par la queue,
obligés d'endurer une vie misérable, une vie de gueux…

Supplique :

Seigneur,
nous ne l'avons pas mérité,
absous nos péchés,
fait nous connaitre Ta Félicité,
pour l'éternité.



Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2023. ''DICTONS & MAXIMES REVISITES''.

 » MIROIR ! « 

Miroir, mon beau Miroir, de toi, je ne peux me passer
Miroir, tu joues de ton éclat, reflétant, ma singularité
Miroir, fidèle, jamais tu ne m'as trahi
Miroir, impartial, jamais tu ne m'as menti
Miroir, tu révèles sans fin l'élogieuse vérité
Miroir, dis-moi, ne serait-ce pas, pour me flatter ?

Miroir, en toi, je me mire et je m'admire
Miroir, pourquoi, en coin, ce sourire ?
Miroir, espiègle, me narguerais-tu ?
Miroir, sans toi, je me sentirais perdu
Miroir, non jamais tu ne m'as contredit
Miroir, tu embellis et sublimes ma vie

Miroir, je sombre dans l'allégresse à la vue de mon auguste reflet
Miroir, suis-je à tes côtés, dans ton monde inversé ?
Miroir, tu bois nos reflets dans tes profondeurs sans fin
Miroir, merci, si plaisamment, de me tendre la main

Miroir, mon reflet me voit-il aussi élégant que, moi, je peux le percevoir
Miroir, c'est gentil ainsi de me le laisser croire
Miroir, dis-moi, mon reflet a-t-il une âme ?
Miroir, sûr... n'a-t-il rien d'une abstraction infâme ?

Miroir, toi, depuis ton univers, comment me perçois-tu ?
Miroir, je l'espère, pas comme un fanatique imbu
Miroir, me renvoies-tu, loyalement, mon aura, mon écho ?
Miroir, rester objectif, toujours il te faut.

Miroir, si tu es le reflet de ma personnalité
Miroir, peux-tu, toi aussi t'angoisser ?
Miroir, as-tu également des états d'âme ?
Miroir, loin de moi, que je t'en blâme
Miroir, ressens-tu de nobles sentiments ?
Miroir, oui, comme moi assurément

Miroir, ami inséparable, mon alter ego
Miroir, mon complice... peut-être mon jumeau ?
Miroir, pour la vie, unis comme des frères siamois
Miroir, toi, tu seras moi et moi, je serai toi
Miroir, rien, en ce monde, pourra nous séparer
Miroir, mon beau Miroir, de toi, je ne peux me passer…

                                                                                                                                                            Günther ZANNOR

Collection ZANNOR (2020 02 01) Série : " Poésies ".
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 » EMOIS « 

Toi ma douce, ma bien-aimée
sur tes lèvres, un, tendre, baiser
dans ma tête la farandole
agite mes sens et, m'affole
ton doux regard bienveillant
m'encourage en cet instant
à t'aimer et t'adorer
exalté par ta beauté

dans ma hardiesse, je te vole
une câlinerie un peu frivole
je t'effleure de ma main
un frisson parcourt tes reins
lascive tu te donnes
à mes caresses et, me pardonne
de mon audace et mon désir
de t'apporter tant de plaisir

tes rondeurs, déjà, m’affolent
et mon corps dans son envol
encore fébrile et palpitant
dans un ultime émerveillement
sur ton sein, je pose une main
et l'autre, sur tes reins

nos hésitants préludes
nous apportent la plénitude
en toi un léger frémissement
dans un suprême enlacement
on ferme les yeux, on communie
un seul élan nous réunit

on se comprend en partageant
la douceur de nos vingt ans
énamourée, tu t'offres à moi
j'en suis pantelant et plein de joie
paupières closes, tu t'abandonnes
en un ardant soupir, on fusionne
tous les deux à l'unisson
chavirés par nos passions
étourdis, dans l’ivresse de nos désirs
il nous faut les assouvir
nos corps encore haletants
nous envoient au firmament

ta douce chaleur contre mon corps
tes cheveux épars, couleur d'or
m'apportent sérénité par leur beauté
ton beau visage vers moi tourné
tu te loves contre moi
tout imprégnée de ton émoi

près de toi, je m'assoupis
bienheureux et assouvi
de tant d'amour partagé
réunis dans notre, complicité
lorsque nos sens s’apaisent
sur tes lèvres de braise
un fin sourire de contentement
me touche au cœur, en attendant
que, les yeux fermés, lascivement
tu me rejoignes dans mon néant

soudain, mes yeux s'ouvrent tout effarés
d'être seul à avoir . . . rêver

Où es-tu mon amour, ma bien-aimée
irréalité, pourquoi m'as-tu provoqué ?
nymphe éphémère, doux souvenir
en moi encore tout ce désir
aurai-je, un jour, ce fol espoir
en ce monde de te revoir

Oh ! voluptueux et sublime rêve
tu me hanteras sans trêve
pourquoi... pourquoi me tourmenter ?
pourrai-je un jour te sublimer ?

Soupirs...

Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2016.  » POESIES « .

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AU P’TIT COIN !

" Pardon, un instant, je vous prie, j'vais au " P'tit Coin ".
Je m'interroge, pourquoi : au p'tit coin ?

Pourquoi le P'tit Coin est-il toujours installé dans un petit coin, et non dans un simple coin.
Non, car si l'on marmonnait : " je vais au coin ", cela rappellerait de mauvais souvenirs, lorsque puni et humilié on portait le bonnet d'âne, visage face au coin, et si par malheur, l'envie te prenait de te retourner, tu te tétanisais face à ces hypocrites hilares qui de toi se gaussaient.

Sans conteste, l'on pourrait très bien installer le P'tit Coin dans un grand coin, un grand coin spacieux, qui pourrait recueillir nos soupirs d'aise.

Mais sûr, pourquoi perdre de la place et se sentir perdu dans de vastes espaces. Aurions-nous peur des échos et autres réverbérations ?

Un P'tit Coin, c'est plus intime, on s'y sent mieux face à soi-même, on s'y confine plus aisément, continuons donc, à l'évidence, à nous isoler au " P'tit Coin ".

Je ne suis pas loin de m'y complaire dans mon P'tit Coin, c'est un petit coin tranquille, calme et reposant, non, pas un de ces vulgaires recoins ordinaires, mais un vrai P'tit Coin.

Mon petit coin de paradis, le lieu rêvé où l'esprit s'évade en quête d'aventures. Même en fermant les yeux, on y trouve presque un petit coin de ciel bleu.

Loin de le trouver aux coins des rues, il est là, pour moi, tout près de moi, et, moi, j'ai besoin de mon P'tit Coin... à moi.

Mais attention, surtout écoutez toujours l'empêcheur de tourner en rond, car, prendre le temps de tourner en rond aux quatre coins du p'tit coin, on risque d'en oublier le principal.

Puisque je m'y sens bien, je m'emballe, et à tue-tête, je crie : " COIN-COIN "

Nos ancêtres, à Versailles, eux, allaient avec allant " sur le Pot ".
Pas au " P'tit Pot ", comme nous au " P'tit Coin ", mais un pot niché là discrètement dans l'embrasure d'un coin, sinon d'un misérable recoin.

Mais, ils auraient très bien pu installer le petit pot dans un P'tit Coin.
Mais non, ils avaient pour habitude de se réfugier dans un recoin sans aisance; un sourire béat au coin des lèvres, semblant, pour donner le change, regarder au loin avec un regard en coin.
Si leur " P'tit Pot " avait été au coin du feu, ils auraient été plus à l'aise, mais, près de ce coin beaucoup trop fréquenté, y auraient-ils trouvé la sérénité en toute quiétude ?
Sans lever le coin du voile, ma compassion pour leur inconfort me tire la larme au coin des yeux.
Mais j'ai découvert le pot aux roses, savez-vous que ces coquins se surveillaient du coin de l'œil, dans l'espoir de se le rincer.

Offusqué, aujourd'hui, on dirait " Ho ! les bâtards… au coin ! ", eux s'écriaient " Ho ! les manants… au coin, et sans tourner autour du pot ! ".

Sans vouloir noyer le poisson, et si l'envie leur prenait de tourner autour du pot, ils devraient, à mon sens, consulter l'empêcheur de tourner en rond, pour ne pas risquer d'en oublier le principal.


Autres temps, autres mœurs, gens du futur, comment ferez-vous ? (1)

Je vous le dis, ne changez rien, rien ne vaut un bon " P'tit Coin ", bien à soi et bien de chez nous.

Günther ZANNOR.



(1) : ( bien entendu : où, en quel lieu ? )

Collection ZANNOR. "ELUCUBRATIONS et autres fadaises "

Je m’appelle « FLAM « 

        Ceci est mon histoire, braves gens,
en des temps anciens, sur la terre ronde,
au-delà des mers et océans, de par le monde,
par monts et par vaux, était le « FROID »
il régnait, cruel, comme un roi
ce froid partout, enveloppait tout,
il nous rendait fous,
pas la moindre trace d'une petite chaleur
pour réchauffer les cœurs,
ni homme, ni animal ne connaissaient "LE CHAUD"
et subissaient, cet atroce fléau.
Cela est mon histoire, braves gens.
Je m'appelle "FLAM''.

Au pied d'une colline boisée
un jour de grande tempête, je suis né
ma mère "la foudre" mon père "l'éclair", amourachés,
sur un arbrisseau m'ont engendré,
le vent a attisé leur ardeur
depuis, être tout feu, toute flamme sera mon labeur.
Je suis "FLAM", le prince du feu.

Depuis ce temps, j'ai un dur métier
le monde entier me réclame
je me donne cœurs et âme
leur quête me stimule
tout le monde me bouscule
c'est vraiment un dur métier.
je suis "FLAM" la flamme et le feu.

Je saute, je vole de foyer en foyer,
mes semelles sont trouées,
de-ci de-là, je me précipite
partout, en même temps, on me sollicite,
à m'en rompre le cou
j'en perds la tête, je deviens fou.
je suis "FLAM" la flamme et le feu.

En Laponie ou Italie
en Amérique ou Australie
tout le monde me remercie,
je ne me laisserai pas abattre
la lassitude, je vais combattre
votre feu sera dans l'âtre.
Je suis "FLAM" la flamme et le feu.

Oyez bonnes gens :
ne soyez pas mon tyran,
vous me devez tout
préparez vos faitouts
je cuis les aliments qui donnent la bonne humeur
des petits et des grands, je réchauffe les cœurs.
Je suis "FLAM" la flamme et le feu.

Ici, une allumette, et la flamme jaillit
là, une chandelle s'allume et la lumière vit
là-bas, les lanternes éclairent le chemin
ailleurs, un poêle réchauffe sans fin
là-haut, flotte la montgolfière
de mes atouts, vous pouvez être fier.
Je suis "FLAM" la flamme et le feu.

Le bouillon siffle sa musique
la soupe mijote dans sa marmite
l'eau bout dans le chaudron
le lait se réchauffe dans les biberons
le pain est cuit au feu de bois
tout cela est de bon aloi.
Je suis "FLAM" la flamme et le feu.

Je ne peux m'arrêter, je suis votre obligé
pitié, pitié…j'aimerais me reposer
avant ce repos bien mérité
je me dois de déléguer
ma douce chaleur pour l'éternité
mon fils est tout désigné.
Je suis "FLAM" la flamme et le feu.

Un jour, j'ai rencontré un amour... passionné,
le hasard me l'a dévoilé,
au bord d'une cascade, une brume se formait
des embruns chatoyants virevoltaient
toutes ces gouttelettes au gré d'une brise légère
formaient un voile, une dentelle éphémère
avec un arc-en-ciel, incrusté
je fus subjugué par sa beauté,
et moi... "FLAM", amoureux, je suis tombé
de toute cette belle humidité,
humble et craintif
mais un brin impulsif
tremblant je me suis approché
approché pour l'embrasser,
malgré toute mon envie
mon ardeur, là, s'est refroidie,
pour chaque goutte d'eau que j'embrassais
ma chaleur s’étiolait
ma flamme s'est éteinte, mon feu s'est perdu
et depuis... pour toujours... mon repos est mon dû
je n'ai pu convoler, même un tant soit peu.
J'ai été "FLAM" la flamme et le feu.

Mes frères et sœurs, flammes et feux continuent à bruler
pour que vos foyers et vos cœurs soient réchauffés...

~ ## ~~


Günther ZANNOR.

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