LA BOMBE ATOMIQUE

1945, sombre année !

Lors de cette période trouble et perturbée,
ses géniteurs, grands penseurs et humanistes potentiels
se penchèrent sur son berceau.

Dès sa naissance, toutes leurs espérances furent placées en elle, du fait de sa particularité.

Dans sa prime jeunesse, on lui attribua des vertus qui exalteraient le pacifisme et la concorde.
On lui prêta le rayonnement et l’émanation d’une certaine beauté.

Mais le destin l’aiguilla vers un tout autre chemin.

Sur la scène, on la projeta.
Dès cet instant, on attendit d’elle qu’elle magnifiât tous les espoirs placés en elle.

Elle combla ces Messieurs…
Envoûtés, ils purent la contempler sur son estrade… s’effeuiller lentement, lascivement,
révélant tous ses charmes cachés.

Au cabaret, par sa beauté flamboyante, subjugués, ils la baptisèrent :

« LA BOMBE ATOMIQUE »

Günther ZANNOR

Collection ZANNOR. 2016 10 11. » LE TOUT ET SON CONTRAIRE  »

LA BOMBA !

L’ANTIMATIERE.

Dans le champ de la physique quantique, toute chose possède son contraire.
La matière : l’antimatière.
La matérialité de la matière s’annihile en présence de l’antimatière,
donc, la matière étant de fait :  » Quelque chose  »,
l’antimatière se trouve être l’inverse de quelque chose.
Or, l’inverse de  » Quelque chose  »,
par définition, étant le néant,
alors, l’antimatière correspond à :  » Rien  ».

Par conséquent, en appliquant ce postulat, qui donc, va annihiler la matière de quelque chose ?
Ce questionnement met en péril le dogme de la physique quantique.

EINSTEIN . . . aide-moi !

Sachant que là où il n’y a rien,
c’est le  » Vide  ».

Donc l’antimatière étant du vide et
lorsque ce vide côtoie la matière de notre univers,
notre quelque chose,

s’écoule dans son vide, donc en se désintégrant.
Ce qui rétablit un des principes fondamentaux de la physique quantique.

Oh ! EINSTEIN, repose-toi, je n’ai plus besoin de toi.

Puisque ce paradoxe n’explique pas qui de la matière ou de l’antimatière annihile l’autre, nous nous perdons en conjectures sur le mystère de la création !

Günther ZANNOR.

Nota bene : Richard Phillips FEYNMAM, éminent physicien américain et grand théoricien de la physique quantique, a écrit :  » Je crois pouvoir affirmer que personne ne comprend vraiment la physique quantique.  »    ~~~~ Et vous ? ~~~~~

Collection ZANNOR. 2016 10 12.  »PARADOXES »

ÊTRE FRAPPE AU COIN DU BON SENS.

Être frappé au coin du bon sens souligne la légitimité d'une véracité, d'une authenticité,
l'appel au bon sens se veut fédérateur,

pour vous le prouver, l'absurdité de mon bon sens me fait dire que :

on peut se targuer qu'un bon sens a un coin, puisque l'on peut y frapper,
non pour y entrer, on ne rentre pas dans un coin, mais on le peut par un huis,
car frapper au coin de l'huis permet de pénétrer si vous y êtes invité.

Par extension, si le bon sens a un coin, on peut malheureusement s'y faire frapper.
Celui qui vous frappe, là, au coin du bon sens, en guise de punition, sera mis au coin face au coin de ce bon sens,
cela tombe sous le sens (de l'humour).

Ceci n'a pas de sens, si le bon sens devient un contresens,
ce qui vous retournerait les sens,
mais ce n'est nullement interdit, même dans un sens interdit,
(à condition, bien sûr, d'être parti, ensemble, sens dessus dessous dans le bon sens),

Dites-moi voir, et si un sens interdit n'avait pas de coin, comment aller y frapper ?
Impossible, tout simplement, parce que c'est interdit ; c'est frappé, plus que de raison, au coin du bon sens.
vous pouvez toujours retourner cette injonction dans tous les sens,
au sens propre comme au sens figuré : c'est sans appel.

Si par mégarde, il vous prenait l'envie, malgré l'interdit légal, dans votre petit coin, frapper monnaie avec des coins,
sans crier gare, le gendarme vous mettra au coin,
mais irait-il jusqu'à vous frapper,
non, car fourré dans un coin de sa caboche, son bon sens prendra le dessus
et ensemble bras dessous et bras dessus, vous irez, frappé par le coin de votre mutuel bon sens
chanter les louanges du bon sens éternel et populaire,

ceci, je le sens bien, cela va de soi …

vous pouvez m'encenser !

Günther ZANNOR

Collection ZANNOR. 2022 01 21. "DICTONS & MAXIMES REVISITES"

LA RIDE QUI SE DÉRIDE.

La ride qui se déplisse,
dit à la ride qui se plisse :
<< pourquoi, toi tu te plisses quand, moi je me déplisse ? >>
<< parce que quand tu ris toi, ton pli se déplie et tire sur mon pli qui lui se replie >>

c’est la loi des zygomatiques
c’est toujours automatique
l’un se dilate, l’autre se contracte
scellant ainsi leur pacte
entraînés dans notre fou rire
nous les plis, nous devons subir

quand ils se déploient
cela me met en joie
et si, ils se redéploient
cela redouble, en moi

vous les plis qui se plissent
se plient et se replissent
vos métamorphoses
à nous s’imposent
étouffant notre fou rire
et ce, sans coup férir
la morosité l’emporte
et notre rire avorte

mais la ride se dépliera
quand tu la dérideras
en exprimant ta joie
petit’homme, crois-moi
nos beaux fous rires
ne sont pas prêts à mourir

crois-en, en ma sagesse
au seuil de ma vieillesse
les rides au coin des yeux
nous font un air malicieux
chagrinant les pisse-froid
qui fort de leur bon droit
qui les rend impassibles
et de là, irascibles

nous, nos rides et plis se gondolent
nous rendant la vie frivole
vive le rire et le fou rire
vite : profitons… avant de partir…

Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2020 06 18.  »SONORITES ».

LE ROT.

Extrait du dictionnaire de CHOMEL 1766

 
        Ne me faisant pas prier, avec gloutonnerie, j'engloutis mon assiettée, de rôt de veau bien appétissant. 

Promptement engouffrée, je me gargarise et, à la face du monde, je me dois d'un rot sain et sonore.

Politesse et bienséance obligent à des rots de bon augure, complices d'une saine convivialité. Le savoir-vivre impose ses obligations.

Au IVe siècle av. J.-C., les stoïciens célèbres, tels que Sénèque et Epictète, à l'apogée de leur renommée, ne furent pas en reste, et sans scrupule d'émettre des rots ; certains rapportent même qu'ils les accompagnaient de pets.

Donc, je vous en conjure, ne venez point me chercher des poux sur la tête, lorsque je perpétue cette singularité. Je formule, par la même, la reconnaissance d'un partage culinaire de très haute qualité.

L'oralité du message véhiculé par le rot ne se réduit pas à sa teneur intrinsèque, mais il compose également un moyen de communication.

L'échange, par l'intermédiaire d'un rot, est représentatif comme l'expression d'un langage naturel.

Pour preuve, quoi de plus naturel, si l'on considère que, dès nos premières tétées, inconsciemment, un rot spontané annonce le signe d'une profonde béatitude.

Pour les grands gourmets, ils affirment que cette extériorisation peut être assimilée à de la poésie orale.

Jamais, pudibonderie où ostracisme doivent nous empêcher d'évoquer ou de parler du rot avec bienveillance.

Rires et plaisanteries, à son propos, sont discourtois, n'en faites pas des tonnes, appréciez-en sa volupté, ne vous en gargarisez pas.

Allez, je vous invite, gaiement de ce pas, à communier pour nos plaisirs complices, à roter de concert et sans ambages.

Tout comme l'idéalise l'un des dictons arabes, à travers les âges (1) :
" Rot retentissant honore l'hôte bienveillant " ou
" Rot ébouriffant honore l'hôte bienfaisant " ou
" Rot détonant honore l'hôte accueillant "

(1) Traduit du chapitre CLVII « Recueil des rumeurs et chroniques orientales », extrait de l’encyclopédie de l’Académie Zandorienne, éditée à Bagdad, année MDCLVIII, livret xx°.
Collection ZANNOR. 2024. « TRASH »

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Ah ! Madame . . .

Vous fûtes là, subrepticement, face à mon regard émerveillé, 
votre prunelle, dans le miroir de mes yeux, vint se refléter
sur le fond irisé de ce majestueux soleil couchant en fête
un miraculeux hasard a fait se détacher votre gracile silhouette

votre ensemble en soie au chemisier échancré,
voletant dans la légère brise de cette belle fin d'été
subjugué par la beauté de ce tableau enchanteur
les yeux pétillants, je m'approche avec lenteur
nos œillades se fondent en une osmose spontanée
augurant une possible et harmonieuse complicité

j'admire vos cheveux au roux léger et flamboyant
vos mèches facétieuses entremêlées se jouant du vent
englobent votre doux visage au sourire furtif et mystérieux
en ce moment suprême, une aura nous encercle tout deux
par la seule volonté, pensais-je, d'un improbable hasard
nous liant intimement en un instant ultime, si rare

ma vue se glisse sur votre frêle cou élancé
valorisant votre buste radieux et altier
enveloppé de cette vaporeuse voilure de soie aux festons ondoyants
sous la douce et chaude caresse de ce souffle enivrant
laissant deviner de mystérieux et encourageants présages
par l'apparition éphémère de secrets messages
d'une émoustillante empreinte de deux malicieux affleurements
qui spontanément m'aveuglent et m'émeuvent en même temps
disparaissant et réapparaissant sous les plis et déplis frivoles
leurs aguichantes saillies font que ma curiosité s'envole
mes yeux s'abaissent en votre profonde échancrure magnétique
abritant de suggestives rondeurs, au creux d'un vallon énigmatique

surpris par votre initiative, qui me laisse sans voix
me bouleverse et bouscule, m'emplissant de joie
votre main saisissant la mienne, sans que je m'en défende, vous la portez
vers le triangle soyeux de votre corsage largement décolleté
vos doigts guident les miens vers son premier verrou
habilement je le déboutonne, hâtivement, en un geste fou

la perfide brise légère écarte les pans capricieux
permettant d'admirer ces vallonnements divins et merveilleux
ma hardiesse entreprend l'assaut des autres boutons nacrés
ouvrant en grand un univers évocateur et sacré
vos mamelons au creux de leur corolle d'un rose évanescent
mes doigts impétueux les effleurent timidement
sous ma douce caresse, vos tétons s'irradient
hâte de plaisirs prometteurs, ils mendient
vos frémissements au creux de mes maladroites paumes
attisent les innocents élans de mon érotique royaume
mes attouchements ne vous laissent pas de glace
tolérant mes espoirs fous d'envahir la place
en une coquine ardeur vous vous blottissez contre moi
votre fantaisie libertine transcende votre émoi

les gracieuses courbures de votre poitrine, sans me surprendre
sa fermeté et galbe aiguillonnent en moi un désir tendre
au vent volant, votre beau chemisier s'est envolé
je recule pour mieux contempler les fastuosités qui me sont dévoilées
sculptant votre personne en un chef-d'œuvre de perfection
je vous vouerai de tout temps mon admiration et dévotion
de ce flamboiement, j'en rêverai toute ma vie
époustouflé, envouté, mon bonheur en un cri jaillit
Sacrebleu ! Madame, vous êtes l'apothéose de l'absolue sublime beauté
rien, non rien, en ce monde ébahi, ne saura jamais vous supplanter
vos seins, Madame, vos seins dignes d'un couronnement impérial
seront choyés et vénérés d'une ferveur impartiale

Médusé, soudain, je la vois, éthérée, se retourner,
sans cœur, se jouant de moi et de ma frivolité
papillonnant en une lascivité audacieuse
elle ramasse son immaculée étoffe précieuse
dans une faste envolée des amples plis de sa robe déployée
d'un pas léger, aérien, vers de lointains horizons, part s'évaporer

Indécis, sans voix, je reste là face au soleil déclinant
enjôlé, floué, ma fierté vacille par tant d'audace au demeurant
avec l'image de cette éphémère vision m'incendiant la rétine
elle, là-bas, me nargue, encore et encore, de son arrogante poitrine
au creux de mes mains subsiste la mémoire de leurs douce chaleur
Ah ! Madame, vous aviez ces jolis seins, qui firent mon malheur.



Günther ZANNOR.




Collection ZANNOR. 2023. "POESIES"

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CROYANCES : croire, c’est choir dans la croyance.

Impie, tu m’as déçu, le crois-tu ?
Car, tu es celui en qui j’ai cru.

A qui pourras-tu faire croire
en ton pouvoir de me faire choir
vraiment, penses-tu
que je pourrai choir à mon insu ?

Jamais, non jamais je ne cherrai
et je te décevrais
avant que l’on me déchoit
prouve ma mauvaise foi.

Moi j’impose les croyances de mon cru
mes croyances obscènes balaient tes propos crus
et mes croyances, elles, seront crues
donc, je ne serai pas déchu.

Pour que je fusse chu
alors, il eût fallu
aussi qu’ils croient
à ce que tu as cru croire, toi
dans ton espoir
de me faire choir.

De mon piédestal, je n’ai chuté
sur ma gloire arc-bouté
de sorte que, il le fallût
le reconnaître, de moi, je suis imbu !

Mais des pornographes, je suis le Roi.
Qu’est-ce que tu crois !!!
C’est mon choix …

Incroyant… porte ta croix…………

Günther ZANNOR.

INFIDÉLITÉS

INFIDÉLITÉS
Et si, l’on emprisonnait tous les hommes infidèles
ne resterai que les hommes fidèles, en liberté
vous, Mesdames, qui pratiquez l’infidélité avec les hommes
sans hommes infidèles, comment la pratiquer
car, si vous pratiquez l’infidélité avec un homme fidèle,
il deviendra infidèle, donc emprisonné,
changez les règles du jeu
n’emprisonnez plus les hommes infidèles
accordez leurs, leur infidélité et liberté
et vous ne serez plus jamais seules avec les hommes fidèles
qui vous empêchent de pratiquer… l’infidélité
moralité : Gloire à l’Infidélité…
Et si, gageure, on emprisonnait tous les hommes fidèles
ne resterai que les hommes infidèles en liberté
mais pour être dans ce groupe des infidèles
il faut donc, avoir été un homme fidèle, donc emprisonné
sur Terre, Mesdames, ne resterai plus aucun homme en liberté
que feriez vous, vous femmes seules, face à l’infidélité
changez les règles du jeu
n’emprisonnez pas les hommes fidèles
accordez leurs, l’infidélité
et vous ne serez plus jamais seules…
en liberté, pour pratiquer l’infidélité
moralité : Gloire aux Femmes Infidèles…
Günther ZANNOR
Collection ZANNOR (2016 05 04) Série :  » Paradoxes  ».

LE PISSE-FROID et la CANICULE.

L'ennuyeux et ancestral métier de " PISSE-FROID " vient de plus en plus " chaud ",
en ces temps de canicule.

Faut-il rester dans l'expectative
devant cette race d'humeur glaciale menacée d'extinction,
pour quelle raison devrait-on s'en affliger ?

Va-t-il falloir les reconvertir en " PISSE-VINAIGRE ",
leur permettant de reprendre du poil de la bête.

Y trouverons-nous notre compte ?

Est-ce que cette éventualité est à porter

au bénéfice du réchauffement climatique ?

Un bien pour un mal ou un mal pour un bien ?


Les climatologues sont sur les dents,

les ethnologues restent dans l'expectative !


Les '' PEINE-A-JOUIR '', sournois et moroses, sont défaitistes…

Les " PISSE-TROIS-GOUTTES " dans quatre pots de chambre,
laborieusement, ont de la peine à réagir !

Et vous ?


Günther ZANNOR



Collection ZANNOR. 2022 07 16. " ELUCUBRATIONS" et autres fadaises "

LA PLANÈTE PORTA-MURA…ou l’origine du BIG-BANG.

        Dans un Univers antérieur à notre actuelle troisième dimension, par le jeu d’une singularité spatiale, propulsés depuis leur monde parallèle de la cinquième dimension, en mission d’exploration, ils matérialisèrent leur vaisseau spatio-temporel sur l’aire d’accueil du cosmodrome de la planète Porta-mura, cosmodrome vide de toute activité.

        Après test des différents protocoles d’analyse de compatibilité avec leur physiologie, les deux  »extra-astro-cosmonautes », engoncés dans leur scaphandre étincelant, débarquent et contemplent, incrédules, l’espace vide de l’aire d’atterrissage, cernée par un unique mur circulaire.

        Ils se translatèrent, auréolés de leur immatérialité, jusqu’à la seule porte visible dans cette enceinte. Franchissant l’ouverture mal fermée, ils trouvèrent la salle d’accueil également déserte, et sans le moindre préposé pour les accueillir. Intrigués, ils explorent une sorte de labyrinthe desservant des espaces clos, qui s’emboitent les uns aux autres.

        Finalement, par l’entrebâillement de l’unique porte visible, ils entendent une vive altercation entre deux protagonistes qui se disputaient. L’objet de leur courroux portait sur la priorité à l’obtention de marchés publics dans chacune de leur respective spécialité.

        Invisibles aux yeux de ces deux hurluberlus tonitruants, nos deux explorateurs s’emploient à la réalisation de leur objectif, faire l’analyse de ce monde si étrange. L’étude anthropologique et ethnologique qu’ils entreprirent, les laissa pantois quant aux premières constatations.

        Depuis longtemps M. MUR, chef de nature opiniâtre, avec son entreprise de construction de mur, a entrepris d’élever des murs partout, n’importe où et n’importe comment sur l’ensemble de la planète, et ce, jusqu’à complète saturation. Il a été tellement industrieux, toutes ces dernières années, qu’il ne restait plus que quelques lopins de terre pour la réalisation de tous ses ambitieux projets d’édification de murs.  » Emmurer, emmurer  », tel est sa devise, envers et contre tout.

        À ce stade de profusion et de débauche, se réunirent les plus hautes autorités dirigeantes, qui confrontées à une réclamation qui semblait étayée, reconnurent le bien-fondé de la réflexion émise par M. PORTE, fabricant de portes à l’avenir incertain.

        Jaloux du succès de M. MUR, M. PORTE attire l’attention de ces entités savantes, sur l’aberration de recouvrir la totalité de la planète de murs, de murs et encore de murs. Comment va-t-on se déplacer quand l’objectif de M. MUR sera atteint ? Je ne remets pas en cause le besoin de construire des murs, mais je propose d’améliorer le système, en y incluant des portes, afin d’améliorer la circulation des hommes.

        Cette proposition n’était pas dénuée de toute arrière-pensées, puisque M. PORTE navigue au bord de la faillite, n’ayant pas vendu une seule porte depuis des éternités, ses stocks étant indénombrables. Après analyse du rapport établi par la commission internationale, on admit que le bon sens de M. PORTE devait prévaloir. À l’unanimité, moins une voie, celle de M. MUR naturellement, on donna le feu vert à M. PORTE de  »portériser ». M. MUR, courroucé, quitta cette docte assemblée, furieux d’avoir perdu le monopole des commandes internationales.

        Dés cet instant, sans coup férir et perte de temps, M. PORTE s’employa à équiper tous les murs de M. MUR. Et tout le monde de reconnaître que ce progrès était une avancée fondamentale pour l’humanité. M. PORTE fut encensé. De ce jour, jamais un mur sans une porte et inversement.

        Mais arriva ce qui aurait dû être prévisible, et sans issue, un jour on constata que sur la totalité de la surface des continents, seule une dernière petite parcelle restait disponible pour y insérer un tout dernier et ultime petit mur. Mais M. PORTE de s’insurger, pourquoi y construire un mur qui par sa taille ne permettra pas d’y inclure une porte, car cet espace était juste de la taille de sa porte, donc logiquement il devait emporter ce dernier marché.

        À ce moment de décision particulièrement délicate pour départager M. MUR de M. PORTE, un petit malin du nom de M. FENETRE, entrevoyant une bonne opportunité, s’employa à convaincre la société scientifique consultée pour ce dilemme, d’équiper ce dernier emplacement d’une fenêtre. Après maintes et maintes tergiversations, analyses, expertises et concertations, ardemment débattues entre les contres et les pros-fenestriens, la société savante décida à l’unanimité, moins deux voies, naturellement celle de M. MUR et de M. PORTE, d’accéder à la suggestion avancée par M. FENETRE.

        Fier comme ARTABAN, auréolé de son succès, M. FENETRE s’attela à la fabrication de sa meilleure et plus belle fenêtre qui n’a jamais été conçue depuis le début de tous les temps. Après l’avoir bichonnée, astiquée et même cajolée, il alla en grande pompe, la mettre en place. Les plus hautes autorités autorisant, les décideurs décidant, les scientifiques phosphorant, les présidents présidant, les ministres ministrant, les militaires militant, les chefs et sous-chefs des fanfares claironnant, tous convoquées, assistèrent à cet instant mémorable à la pose de cette fenêtre tant adulée mais aussi décriée par les manifestants inquiets manifestant avec leurs pancartes « laissez-nous nos espaces confinés ».

Au son des cuivres déchaînés, la petite fille, par le sort, désignée, coupa le cordon de l’inauguration. Les pans de la tenture écartés, la foule médusée par tant de beauté, poussa un vibrant  » Hourra !  » d’adhésion, se promettant, eux aussi, de  »s’enfenestrer » pour accéder aux espaces de rêve et de liberté.

        Le Président brandissant son Haut-de-forme et s’apprêtant à un discours de haute volée, fut devancé par l’espièglerie de la petite fille qui, avant que l’on ne pu l’en empêcher, se saisie de l’espagnolette et en grand elle ouvrit les deux battants pour regarder les petits oiseaux sur les arbres perchés.

STUPEFACTION : RIEN, RIEN, au-delà, il n’y avait rien à voir. Le néant, la noirceur de l’obscurité, le vide sidéral, l’absence du tout, le rien-du-tout. Horreur et sidération, la foule figée, ébahie,  bourgeois et prolétaires, riches et miséreux réunis devant cette aberration, d’un seul et même mouvement, grondent et se révoltent, ne pouvant admettre ce vide, cette absence de promesses d’avenir et de vastes espaces merveilleux. M. FENETRE abasourdi, réflexion faite, ne se sentant pas responsable de ce  » rien « , fait des pieds et des mains, et conserva son monopole et pourra, sans vergogne,   »enfenestrer » le monde entier.

        Toujours inventif, et plein d’à-propos, le genre humain s’évertue à combler le vide, là où il n’y a rien. Un certain M. ILLUSION, en quête de notoriété, apporta la solution, il plaça une illusion derrière la fenêtre, cause d’autant d’émoi. Pour obtenir l’adhésion générale, il la nomma : << REFLETS du TEMPS QUI PASSE >>. Grâce à ce tour de magie, M. ILLUSION sera nommé « GRAND COMMANDEUR DES PEURS EVINCES ». Toujours méthodique, M. ILLUSION s’acoquina avec M. FENETRE, ils eurent comme devise : ‘ pour une fenêtre posée, une illusion délivrée !  ». À partir de ce jour mémorable, tout un chacun, suivant son humeur du jour, devant sa fenêtre ouverte, pouvait tester son imagination, pour certains, débridée. Je ne vous dis pas ce que l’on y vit ! M. FENETRE comme un forcené se mit à fenestrer en chantant : << fenestrer, fenestrer, est-ce que j’ai une gueule à ne pas fenestrer ! >>.

        Le soir, en vu de profiter d’un repos bien mérité, calfeutré dans leur lit douillet, et avant de s’endormir, le genre humain pouvait admirer le magnifique ciel étoilé et la duveteuse voie lactée surplombant les majestueuses cimes enneigées. Mais revers de la médaille, le froid sidéral des nuits étoilées s’infiltrait entre leurs murs. Même avec la meilleure des couettes, de frémissements en frissonnements, de tremblements en grelottements, chacun se gelait auprès de sa chacune.

Sollicité par le courroux populaire, las de subir cette froidure, M. REFLEXION se mit à  »réflexionner ». Et, disséquée et retournée dans tous les sens, la réflexion souveraine jaillit : ‘ Eurêka ! s’écria-t-il, le couvercle favorise le bouillonnement de la marmite !  ». Et, trait de génie, un certain M. PLAFOND, mit tout son art à contribution, et se mit à plafonner toutes ces immensités, et plus il plafonnait, plus il y avait de plafonds à plafonner.  Plafonner à qui de mieux en mieux, devient l’activité principale sur la planète Porta-mura, pour le plus grand bonheur de notre plafonneur impénitent.

        Ce devint une gageure, quand il fallut envisager de réchauffer ces espaces maintenant clos. Au début, M. RADIATEUR, paresseux invétéré, se fit prier, il fallut soudoyer sa compagne pour l’inciter à accepter d’apporter un confort certain à toute l’humanité. Son entreprise se mit donc à   »radiateuriser » sur tous les murs de M. MUR. Chaque foyer étant équipé, à la suite on peut passer !

        Mais ombre au tableau idyllique de cette société industrieuse, de mauvaises études n’ont pas permis de bien maîtriser la régulation du chauffage installé. Si bien que la chaleur mit à se confiner, à s’accumuler, et plus on chauffait, plus la température augmentait, sans possibilités d’enrayer ce cycle infernal. << Mais, ouvre la fenêtre ! Fait, entrer la fraîcheur ! >> Mais ouvrir sur une illusion, c’est s’illusionner de penser qu’une illusion peut apporter la fraîcheur douce et bienfaisante tant espérée. Plus le thermomètre s’emballait, plus la pression grimpait, pour atteindre des limites incommensurables. L’effet cocotte-minute sans soupape de sécurité fut enclenché.

        Mais une autre triste réalité les a rattrapé et avant que M. VENTILATEUR puisse se mettre à  »ventiler », il s’avéra qu’il fut reconnu que M. PORTE avait eu un défaut prépondérant, il était âpre au gain. Sa fabrication en a, lourdement, pâti, chaque porte posée souffrait d’une malfaçon majeure, au moindre courant d’air, elle se mettait à claquer. D’où partout, on entendait, incessamment, crier : << LA PORTE ! >>.

Ce cri, des milliards de fois, multiplié, tel un ouragan submergea le monde. Ce maelström centuplé à l’infini entraîna des tourbillons de vent qui s’invitèrent dans chaque habitation, par les portes  »claque-ballantes ». Une porte qui claque, cela fait « clac ! », deux portes qui claquent, c’est  » clac-clac « , des milliards de portes qui claquent, cela fait des milliards de :  » CLAC…BOOUM… BANG…RE-CLAC… RE-BOOUM…RE-BANG…RE-RE-RE-CLAC…RE-RE-RE-BOOUM…RE-RE-RE-BANG…  » L’ouragan, par les cris et les claquements réalimenté, à chaque seconde redouble d’intensité. Ce charivari tonitruant se marie au vacarme, barouf, ramdam, fracas, boucan provoqués par l’exaspération populaire,  balayant toute autre manifestation. Couplé à ce déferlement, ce pilonnage sonore, la  »cocotte-minute » a explosé ! La terre se mit à trembler, les océans à écumer, les raz-de-marée à submerger, les volcans à éructer, la matière à onduler, les atomes à fusionner, la lumière à se dissocier, les particules à s’annihiler… constituant la soupe primordiale… jusqu’à : « L’EXPLOSION ULTIME »… 

        ET C’EST AINSI QU’UN NOUVEAU BIG-BANG EST NE !

AINSI FÛT ENGENDRE LE COMMENCEMENT DE NOTRE PROPRE TEMPS . . .

  déroulant, imperturbablement, son tapis roulant, au devant de la scène de nos existences. De quoi s’interroger : à quoi peut bien tenir le hasard de nos destinées !

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        Prise dans le tourbillon de cette singularité, cette ultime explosion expulsa nos deux ‘extra-astro-cosmonautes », êtres immatériels dans notre troisième dimension, en retour vers leur Univers de la cinquième. Dès leur réapparition, ils furent débriefés, interrogés, cuisinés et soupçonnés de rapporter des sornettes. De toute urgence, toutes affaires cessantes, en congrès réuni, le gratin de ce que la société savante avait engendré de plus clairvoyant, se mit à  »clairvoyer ». Les têtes pensantes, imbues de leur savoir incontournable, ne pouvaient porter crédit au récit abracadabrantesque des nos deux héros. Même les cauchemars les plus fous ne peuvent atteindre ce summum de débilité. Ils furent soumis à la question, pressurés, mentalement torturés et furent reconnus aliénés. Les rayons cosmiques ont dû, leur, intervertir les neurones. Un scientifique digne de ce nom, pouvait-il accréditer une thèse par laquelle on rapporte l’existence d’une planète entièrement recouverte d’alvéoles, de nids-d’abeilles, dominée par des industrieux forcenés édifiant en dépit du bon sens, construisant pour  »construire », équipant pour  »équiper », réflexionnant pour  »réflexionner », illusionnant pour  »illusionner », contre toute logique écologique ? Mais peut-être que dans leur troisième dimension, ils n’en sont pas à un anachronisme prêt,  jusqu’au sacrifice d’une vie de plénitude et d’épanouissement. L’anéantissement de leur monde a prouvé que si : ils en furent capables !

Et ainsi se conclut ce symposium : << Revenons amis scientifiques à des considérations plus prosaïques, restons chez nous, les pieds bien ancrés dans notre cinquième dimension, et ne laissons pas, la faculté, aux industrieux rêveurs cupides et impénitents imposer leurs songes et délires déments >>.

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Et vous « troisièmedimensioniens » – «  troisièmedimensioniennes » répondez, nos scientifiques, nos cosmologistes sont-ils plus . . . aptes à discréditer la vérité . . .

sur mon BIG BANG ainsi expliqué ?

Votre Günther ZANNOR.