LEO.

Léo ! Léo, écoute ! sais-tu qui je suis ?
Je suis... je suis celui qui rend les enfants… tout ébahis.
Je viens de loin... si loin, si loin d'ici
que mon long voyage fut un long, un très long défi.
Je suis né dans l'écume des crêtes, des crêtes au sein de la tempête
au sommet des vagues, des vagues déchaînées
les bourrasques violentes, de ma mère, m'ont arraché
j'ai pris mon envol au-dessus... de l'océan en colère
mes myriades de gouttelettes se sont envolées dans les airs
soulevées par les rafales d'un cyclone impétueux
nous nous sommes toutes regroupées au sein des cieux
formant ces gros nuages sombres et furibonds
entraînées, malgré nous, dans ce vaste tourbillon.
Toutefois, là... je ne suis pas encore tout à fait moi
par contre, je sais que mon destin sera de bon aloi.

Avec témérité, prenant notre mal en patience
nous nous sommes épaulées et avoir cette chance
de pouvoir survoler cet océan immense
au cœur de ces nuées... et ondées intenses.
Emportées sur les ailes des puissants courants d'air
chevauchant ces monstrueux déferlements... nous voilà fières
d'apporter aux hommes bienveillants... au seuil de leur chaumière
ces belles eaux qui enfantent les belles rivières
ce précieux liquide, cette eau bienfaitrice
l'eau de la vie pour eux assurément... propice.

Poursuivant notre périple au-dessus des continents
nous nous épanchons joyeusement en nous séparant
celles qui nous quittent font la pluie nourricière
quant à nous, notre chemin au-delà des barrières
nous mènera, Léo... jusqu'à ton... chez toi,
le pays lointain... où le froid règne en roi
ce roi, qui nous habille d'un manteau glacé,
de gouttelettes en flocons, nous a transmuées.
Se pavanant fièrement dans nos nouvelles parures
chacun de nous, coquet et fringant, on s'assure
que nos toilettes, tout de blanc, miroitantes
entreprennent leurs gracieuses chutes lentes
vers ton jardin secret, ton jardin adoré
nous venons gracieusement, virevoltant, nous poser
recouvrir la nature hivernale de notre douce caresse
pour t'apporter, à toi, Léo... joie et allégresse.

De cette légère et duveteuse écharpe blanche
tu vas de tes mains habiles me donner, ce dimanche
ce dont j'ai longuement rêvé, rêvé en ta compagnie
en riant joyeusement... de toi, recevoir la vie.
Tes rires joyeux me tourneboulent
rondement en boule, tu me roules,
sur mon gros ventre, mon ventre bedonnant
mon torse, ma tête vont dodelinant
enfin, la dernière touche, impatient, tu poses
à la place du nez, une jolie carotte rose
mon galurin ridicule, sur ma tête, posé
me confère un air d'épouvantail enjoué.

Léo, en reculant, tu contemples émerveillé
ton œuvre, de tes mains, brillamment façonné
ému, maintenant, tu sais qui je suis
je me voue à toi et te séduis.
"Ton beau, ton grand bonhomme de neige" suis devenu
je vois dans ton regard que tu me portes aux nues.

Par notre belle complicité unique
et ces doux instants d'une entente magique
des larmes de joie de mes yeux s'écoulent
furtives, mais très vite gelées, je les refoule
même s'il est de glace, mon cœur, mon tendre cœur
bat et battra toujours au diapason de ton bonheur.

Déjà, la crainte du redoux s'invite au coin du bois
le temps est venu de se quitter, l'émotion dans la voix
A tous ceux qui veulent avec Léo, la prochaine saison
nous retrouver et jouer à nouveau à l'unisson
l'hiver prochain, assurément, je vous le promets
pour Léo et vous, mes bons amis, je reviendrai.

Il est l'heure, pour moi, de ruisseler vers la mer,
la mer, qui est ma mère et qui m'est très chère
qui en son sein, amoureusement, me câlinera
jusqu'au jour béni où l'aventure, enfin, se perpétuera.

A bientôt, mon cher complice ! Et fi de la mélancolie.
Joyeux Noël à toi Léo et à tes chers amis !


Günther ZANNOR

Collection ZANNOR. 2020 01 18. ''NOUVELLES & COMPTINES''

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