LE CHARIVARI DE L’INEXISTANT

Sur la chanson d’André CLAVEAU

Un p’tit Rien s’en va dans la campagne
un p’tit Rien s’en va de bon matin
on le voit filer vers la montagne
tchi tchi fou tchi tchi fou
Va-et-vient, plein d’entrain
en poursuivant son chemin . . .

Au détour du chemin menant au creux du vide intersidéral, le p'tit Rien bouscule 
le vide impérial interrogeant le néant
« es-tu satisfait, ne ressens-tu rien », s'inquiète-t-il
si, réponds le néant, quelque chose me dit que se nourrir d'une accumulation de petits riens
pourrai me faire du bien, ce serait une bonne chose, l'air de rien.


Dans un paisible recoin de l'univers
le vide et le néant s'aimaient d'un amour tendre
ils procréèrent un petit rien
engendrer un p'tit bâtard de rien fait quelque chose, l'air de rien
on s'accorde qu'un rien non reconnu n'est rien, c'est connu, ce n'est pas bien.

Le plein de vide, ce n'est pas rien, l'air de rien
le plein de rien, ce n'est pas bien, c'est vide.

Dans ce vide, on y trouve trace d'un soupçon de presque rien
Comme une once de néant infini, et ça c'est déjà quelque chose.

Mettre un peu de rien dans du vide, ça, c'est quelque chose
c'est comme mettre quelque chose dans du plein : il déborde.


Être capable de reconnaître un atome de rien d'un autre atome de rien gambadant dans le vide
c'est confirmer son existence, mine de rien.


Avoir un léger vertige dans le néant, ce n'est pas rien
mais un intense vertige dans le vide, ça, c'est quelque chose.

Si tu es une chose, c'est que tu n'es pas rien
Peut-être, un presque rien, donc, une petite chose.

La chose demande au néant, vide-moi de mes riens
« rien du tout », répond le néant. Moi-même n'étant rien, comment veux-tu que je te vide.

Peut-on être une petite chose dans le néant ?
Oui, quelque chose me dit qu'une petite chose ressemblant à un petit vide peut emplir le néant.


Additionne un rien avec un autre rien,
cela aboutit à rien du tout
mais cela repose
puisque cela ne donne rien, donc, ne rien faire, c'est ne pas se fatiguer à se reposer.


Le néant est infini, le vide est infini, le rien du tout est infini
l'infini est un néant vide de rien, c'est son anéantissement.

Peut-on, se risquer à annihiler le néant, en y plaçant du vide, à l'aide de petits riens ?

Ce serait l'aboutissement et l'apologie du plein !


« On s'interroge », rétorque l'auteur.
« Ah, ces élucubrations me vident le cerveau qui s'emplit de néant ».

Laissant la fatigue d'un repos mérité s'installer,
j'abandonne mes neurones au silence du rien,
pour que cela me délasse et me fasse du bien !

Qui me rejoint ?



Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2016. « PARADOXES »

4 comments

  1. L’air de rien tu nous distrait d’un rien,
    Je ne raterais tes élucubrations pour rien au monde,
    Certains diraient c’est trois fois rien,
    Mais trois fois rien ce n’est pas rien,
    Je souris rien que d’y penser
    Et c’est mieux que de ne penser à rien.

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  2. Un rien, qui fait du bien, ce n’est pas rien !

    Même un vaurien, qui n’est bon à rien, n’y verrait pas rien !

    Tes textes, qui ne sont pas du tout ou rien, sont toujours très bien !

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