LA RIDE QUI SE DÉRIDE.

La ride qui se déplisse,
dit à la ride qui se plisse :
<< pourquoi, toi tu te plisses quand, moi je me déplisse ? >>
<< parce que quand tu ris toi, ton pli se déplie et tire sur mon pli qui lui se replie >>

c’est la loi des zygomatiques
c’est toujours automatique
l’un se dilate, l’autre se contracte
scellant ainsi leur pacte
entraînés dans notre fou rire
nous les plis, nous devons subir

quand ils se déploient
cela me met en joie
et si, ils se redéploient
cela redouble, en moi

vous les plis qui se plissent
se plient et se replissent
vos métamorphoses
à nous s’imposent
étouffant notre fou rire
et ce, sans coup férir
la morosité l’emporte
et notre rire avorte

mais la ride se dépliera
quand tu la dérideras
en exprimant ta joie
petit’homme, crois-moi
nos beaux fous rires
ne sont pas prêts à mourir

crois-en, en ma sagesse
au seuil de ma vieillesse
les rides au coin des yeux
nous font un air malicieux
chagrinant les pisse-froid
qui fort de leur bon droit
qui les rend impassibles
et de là, irascibles

nous, nos rides et plis se gondolent
nous rendant la vie frivole
vive le rire et le fou rire
vite : profitons… avant de partir…

Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2020 06 18.  »SONORITES ».

1 commentaire

  1. Salut,

    Uniquement en voyant le titre, je pensais qu’il s’agissait de notre ride inférieure !

    Excuse-moi, tu me connais !

    Franchement, ton texte est tellement bon que mes propres rides se sont mises à discuter entre elles en le lisant. Je crois même qu’elles veulent t’envoyer une lettre de remerciements (mais leur écriture est illisible !). Tu arrives à faire de la poésie avec des plis de peau, respect éternel. La Fontaine peut rester couché : toi aussi, tu fais parler des trucs improbables. Merci pour ce rire fou, j’ai gagné deux rides de plus et je t’en tiens personnellement responsable. Bref : continue d’écrire, mais préviens-moi que je mette de la crème antirides avant !

    Tu as reçu mon livre : Barcelonnette ?

    À+ Amigo !

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