Vous fûtes là, subrepticement, face à mon regard émerveillé, votre prunelle, dans le miroir de mes yeux, vint se refléter sur le fond irisé de ce majestueux soleil couchant en fête un miraculeux hasard a fait se détacher votre gracile silhouette
votre ensemble en soie au chemisier échancré, voletant dans la légère brise de cette belle fin d'été subjugué par la beauté de ce tableau enchanteur les yeux pétillants, je m'approche avec lenteur nos œillades se fondent en une osmose spontanée augurant une possible et harmonieuse complicité
j'admire vos cheveux au roux léger et flamboyant vos mèches facétieuses entremêlées se jouant du vent englobent votre doux visage au sourire furtif et mystérieux en ce moment suprême, une aura nous encercle tout deux par la seule volonté, pensais-je, d'un improbable hasard nous liant intimement en un instant ultime, si rare
ma vue se glisse sur votre frêle cou élancé valorisant votre buste radieux et altier enveloppé de cette vaporeuse voilure de soie aux festons ondoyants sous la douce et chaude caresse de ce souffle enivrant laissant deviner de mystérieux et encourageants présages par l'apparition éphémère de secrets messages d'une émoustillante empreinte de deux malicieux affleurements qui spontanément m'aveuglent et m'émeuvent en même temps disparaissant et réapparaissant sous les plis et déplis frivoles leurs aguichantes saillies font que ma curiosité s'envole mes yeux s'abaissent en votre profonde échancrure magnétique abritant de suggestives rondeurs, au creux d'un vallon énigmatique
surpris par votre initiative, qui me laisse sans voix me bouleverse et bouscule, m'emplissant de joie votre main saisissant la mienne, sans que je m'en défende, vous la portez vers le triangle soyeux de votre corsage largement décolleté vos doigts guident les miens vers son premier verrou habilement je le déboutonne, hâtivement, en un geste fou
la perfide brise légère écarte les pans capricieux permettant d'admirer ces vallonnements divins et merveilleux ma hardiesse entreprend l'assaut des autres boutons nacrés ouvrant en grand un univers évocateur et sacré vos mamelons au creux de leur corolle d'un rose évanescent mes doigts impétueux les effleurent timidement sous ma douce caresse, vos tétons s'irradient hâte de plaisirs prometteurs, ils mendient vos frémissements au creux de mes maladroites paumes attisent les innocents élans de mon érotique royaume mes attouchements ne vous laissent pas de glace tolérant mes espoirs fous d'envahir la place en une coquine ardeur vous vous blottissez contre moi votre fantaisie libertine transcende votre émoi
les gracieuses courbures de votre poitrine, sans me surprendre sa fermeté et galbe aiguillonnent en moi un désir tendre au vent volant, votre beau chemisier s'est envolé je recule pour mieux contempler les fastuosités qui me sont dévoilées sculptant votre personne en un chef-d'œuvre de perfection je vous vouerai de tout temps mon admiration et dévotion de ce flamboiement, j'en rêverai toute ma vie époustouflé, envouté, mon bonheur en un cri jaillit Sacrebleu ! Madame, vous êtes l'apothéose de l'absolue sublime beauté rien, non rien, en ce monde ébahi, ne saura jamais vous supplanter vos seins, Madame, vos seins dignes d'un couronnement impérial seront choyés et vénérés d'une ferveur impartiale
Médusé, soudain, je la vois, éthérée, se retourner, sans cœur, se jouant de moi et de ma frivolité papillonnant en une lascivité audacieuse elle ramasse son immaculée étoffe précieuse dans une faste envolée des amples plis de sa robe déployée d'un pas léger, aérien, vers de lointains horizons, part s'évaporer
Indécis, sans voix, je reste là face au soleil déclinant enjôlé, floué, ma fierté vacille par tant d'audace au demeurant avec l'image de cette éphémère vision m'incendiant la rétine elle, là-bas, me nargue, encore et encore, de son arrogante poitrine au creux de mes mains subsiste la mémoire de leurs douce chaleur Ah ! Madame, vous aviez ces jolis seins, qui firent mon malheur.