Comme qui dirait l’autre (de fait, c’est bien connu, c’est toujours l’autre, naturellement, qui dit) : il a dit avoir entendu bruire : que des quidams, dignes de foi, avec opiniâtreté, affirment qu’ils ont entendus dire qu’il y a un bruit qui court ! Repris, de plus belle, et là sans chuchoter, sans vergogne, par un aréopage, constituant la confrérie des colporteurs »du bruit qui court ».
Or, sachant que ces colporteurs ne sont pas des « enfants de cœur », puisque parmi les colporteurs, il y en a, qui sont pires encore que des « cabochards », alors qu’il y en a des biens des « cabochards », faut pas généraliser, mais assurément une majorité de colporteurs sont aussi bien pires que certains, des pires « cabochards », seulement, voilà, opportunistes, ils propagent à tout va.
Sauf, qu’à ce stade, une rumeur persistante et insistante confirme que le bruit qui court et qui fut entendu, le fut dans l’enceinte d’un stade d’athlétisme. Étrange en vérité, quel impact, quelle influence, cela aura-t-il sur les sceptiques, les incrédules, les dubitatifs, si, finalement, cela se révèlerait être une réalité ?
Accepteront-ils que la course de ce bruit puisse-être effréné ou de longue haleine. Ne serait-ce qu’en fonction, de sa vélocité et son insidieuse pénétration, de son énergie engagée et sa proportionnalité, donc avec des capacités à s’engager dans une course de rapidité, une course de fond, peut-être un marathon, et qui le favoriseraient lors d’une confrontation sportive de haut niveau ?
Même un bruit qui court, avec ses petits petons immatériels, se doit, selon les règles, de se plier aux contraintes de la gravité. Il doit donc s’évertuer à poser ses semelles sur le tarmac des prestigieuses pistes, de nos stades, sous des hourras espérés enflammés.
Pour pouvoir proclamer sa prétention à la victoire face à l’engouement et aux clameurs frénétiques de spectateurs enthousiastes, il devra se surpasser s’il veut se donner une chance de rivaliser avec des coureurs chevronnés.
Somme toute, cela me laisse pantois, et j’ai cru percevoir, par le biais d’un »on-dit », qu’il fut dit qu’il y a un autre bruit qui court, à savoir que la thèse développée ci-dessus ne serait qu’une galéjade.
Un bruit qui aurait couru : fantaisie, qui pour le croire ? Dans la négation, on se retrouverait devant des spectateurs, floués, orphelins d’un spectacle annoncé comme rare et exceptionnel, qui repartiraient avec le sentiment d’avoir été mené en bateau.
Pour discréditer cet augure, ne serait-il pas aussi simple de mener ce bruit qui court, également, en bateau, loin de toute logique, pour asseoir son absurdité.
Dès lors, dans la vie de tous les jours, on murmure : que, si l’on prête oreille aux innombrables bruits qui courent, on espère qu’ils seront très vite épuisés, puisqu’épuisants. Néanmoins, compte tenu de la persistance de ces rumeurs galopantes, ce n’est pas assuré.
Toutefois, si, malgré tout, dans votre inconscient, elles s’enfouissent durablement, cela nécessitera une myriade de bataillons de contrebruit qui court, pour vous persuader du côté néfaste de tous ces bruits qui courent.
Par conséquent, si vous ne vous sentez pas concerné, cela signifie que vous n’avez pas l’esprit tranquille. Alors, faites une introspection et remettez-vous en question. Sinon, étant donné que les potins s’obstinent à accréditer l’existence d’un bruit qui court, il sera perçu, par vous, comme une réalité, vu la faiblesse de vos convictions.
Mais si, par hasard, vous croisiez les membres actifs de l’association des » antibruits qui courent », ils saisiront, de raison, l’occasion de vous retourner le cerveau à l’endroit et vous remettre sur le droit chemin du pragmatisme.
En corroboration de leurs convictions, j’ai ouï-dire et y prête foi, qu’il flotterait, dans l’air, un étrange bruit qui court, comme quoi, vous autres colporteurs, vous êtes des êtres bizarres, adeptes d’absurdes racontars, d’irrationnels commérages, de persifflages saugrenus et d’extravagants ragots.
Je laisse le soin à ce bruit qui court de véhiculer cette affirmation. Ce qui, pour un bruit qui court, pourrait, éventuellement, être salvateur, si, ils en prenaient conscience.
Maître de mon libre arbitre, pour ma part, je ne rejoindrais jamais, en toute lucidité : la confrérie des colporteurs »du bruit qui court ».
A bon entendeur, salut ! (Mais, ne le dites à personne, je reste à l’écoute, on ne sait jamais !)
Günther ZANNOR.
EPILOGUE
Allo, allo… Hé ! Dites voir, me permettez-vous de m’immiscer ?
Oui, voilà, vous êtes-vous déjà posé la question principale, à savoir : connaître le point de vue, mon point de vue, en tant que « bruit qui court » ?
Mon existence immatérielle ne pouvant pas être rejetée, il se doit, par rapport aux dires qui se colportent, que je puisse m’offusquer de vos divagations.
Je n’ai nul besoin que l’on m’adjoigne de petits petons pour jouir d’une vélocité, quelle qu’en soit la vigueur. Je vous assure, je suis en mesure de m’épancher d’une manière effrénée ou de longue haleine en toute liberté.
Mon pouvoir d’infiltration me donne la faculté d’être incisif ou insidieux, percutant ou sournois, persuasif ou dissuasif. Dans ma palette, je jongle avec tous les choix, aucune contrainte, en osmose avec l’humeur du moment et la fantaisie de mon géniteur.
Je propage et popularise, à l’envi, les rumeurs, les vicissitudes, les bonnes comme les mauvaises choses. Je peux être flatteur ou méprisant. Qui, pour m’en empêcher : pour quelques-uns, des délateurs, pour d’autres, des encenseurs ?
J’aime flagorner les sceptiques, les bienpensants. Je mène ma barque comme je l’entends, contre tout opprobre et toute flétrissure ou toute gloire et toute considération. Je volète, plane, virevolte, flâne, m’échine, butine de bouche à oreille, pour la satisfaction de celle ou celui qui me prête vie et m’adopte, quelle que soit ma teneur ; au choix ! C’est ma liberté. La vôtre, si vous consentez à m’accepter. N’en prenez pas ombrage si je vous déconcerte. Un autre bruit qui court (oui, je ne suis pas seul à sévir ou à servir), lui, en contre-pied, vous adulera pour votre délectation et votre plaisir.
Comme toute vérité n’est pas toujours bonne à dire, certains bruits qui courent ne sont pas toujours bons à entendre. Faites la sélection. Par contre, certains bruits qui courent peuvent flatter votre égo comme toutes belles vérités peuvent vous encenser.
Je courtise, en général, les indécis, les indolents, les mollassons, les nonchalants, les endormis, les flegmatiques, soit les paresseux du cerveau, ainsi que certains passifs y retrouvant leur compte. Je me targue d’intéresser les résolus, les pétulants, les exaltés, les enthousiastes, les frénétiques, les impétueux, les phosphorants du cerveau, ainsi que certains adeptes y retrouvant leur compte.
En un sens, dans l’ensemble, je suis fier de moi, de ce que je représente, de ce que l’on attend de moi. Malgré l’avalanche de critiques, qui envahissent mon univers. Moi, « bruit qui court », je me dois d’être impartial, incorruptible, entier, nulle déloyauté envers mon créateur, qu’il soit vil ou complaisant.
Malheureusement, mon destin est scellé, comme le vôtre, pauvres mortels, mon existence est éphémère. Je tomberai, indubitablement, dans l’oubli. Mais un espoir peut subsister, puisque certains « bruits qui courent » sont restés dans la mémoire de l’humanité. Ils en ont infléchi sa destinée. Moi, modeste « bruit qui court, je les envie.
Depuis la nuit des temps, par myriades, mes frères et moi, nous avons surgi, nous avons diffusé, nous avons été le relais du bonheur, du malheur du genre humain, nous en sommes conscients. Ayez une pensée pour nous ou un pardon. Mais nous autres, « les bruits qui courent » (non pas après la gloire) sommes ainsi faits, c’est notre nature.
Une tendance, reconnue, accréditerait la croyance que la finalité d’un « bruit qui court » serait de répandre de mauvaises nouvelles, des infamies, des calomnies. Que nenni, je dis, puisqu’un bruit qui court relate que, moi, je suis un gentil !
Bien à vous . . . votre gentil et attentionné « bruit qui court ».



Note de l’auteur : Attention : ces » bruits qui courent », tel le Phénix, ils renaîtront, imperturbablement, de leurs cendres, soyez sur vos gardes !
Collection ZANNOR. 2024. »DICTONS & MAXIMES REVISITES »

Il y a un bruit qui court comme quoi j’ai apprécié cet article.
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A lire et à relire pour en comprendre toutes les subtilités
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