La ride qui se déplisse,
dit à la ride qui se plisse :
<< pourquoi, toi tu te plisses quand, moi je me déplisse ? >>
<< parce que quand tu ris toi, ton pli se déplie et tire sur mon pli qui lui se replie >>
c’est la loi des zygomatiques
c’est toujours automatique
l’un se dilate, l’autre se contracte
scellant ainsi leur pacte
entraînés dans notre fou rire
nous les plis, nous devons subir
quand ils se déploient
cela me met en joie
et si, ils se redéploient
cela redouble, en moi
vous les plis qui se plissent
se plient et se replissent
vos métamorphoses
à nous s’imposent
étouffant notre fou rire
et ce, sans coup férir
la morosité l’emporte
et notre rire avorte
mais la ride se dépliera
quand tu la dérideras
en exprimant ta joie
petit’homme, crois-moi
nos beaux fous rires
ne sont pas prêts à mourir
crois-en, en ma sagesse
au seuil de ma vieillesse
les rides au coin des yeux
nous font un air malicieux
chagrinant les pisse-froid
qui fort de leur bon droit
qui les rend impassibles
et de là, irascibles
nous, nos rides et plis se gondolent
nous rendant la vie frivole
vive le rire et le fou rire
vite : profitons… avant de partir…
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2020 06 18. »SONORITES ».

