LE PISSE-FROID et la CANICULE.

L'ennuyeux et ancestral métier de " PISSE-FROID " vient de plus en plus " chaud ",
en ces temps de canicule.

Faut-il rester dans l'expectative
devant cette race d'humeur glaciale menacée d'extinction,
pour quelle raison devrait-on s'en affliger ?

Va-t-il falloir les reconvertir en " PISSE-VINAIGRE ",
leur permettant de reprendre du poil de la bête.

Y trouverons-nous notre compte ?

Est-ce que cette éventualité est à porter

au bénéfice du réchauffement climatique ?

Un bien pour un mal ou un mal pour un bien ?


Les climatologues sont sur les dents,

les ethnologues restent dans l'expectative !


Les '' PEINE-A-JOUIR '', sournois et moroses, sont défaitistes…

Les " PISSE-TROIS-GOUTTES " dans quatre pots de chambre,
laborieusement, ont de la peine à réagir !

Et vous ?


Günther ZANNOR



Collection ZANNOR. 2022 07 16. " ELUCUBRATIONS" et autres fadaises "

ŒILLADES

        Si tout le monde, en même temps, regarde à la ronde, même en n'étant pas regardant, on s'aperçoit qu'ils en ont plein la vue et que tout le monde se voit.

La vision de tout ce monde qui se regarde, en une œillade circulaire, me remplit d'effroi, moi qui fais tout pour ne pas être vu, je dois donc me cacher à leur vue.

Si tout le monde, en même temps, baisse les yeux, toujours en n'étant pas regardant, on ne s'aperçoit pas que tout ce monde ne se voit pas, et n'en a pas plein la vue.

La vision de tout ce monde, qui ne se regarde pas, en une absence d’œillade circulaire, me remplit de joie, moi qui ruse pour ne pas être vu, je n'ai pas me cacher à leur vue. (1)

Je ne suis pas regardant, mais lorsqu'il s'agit de l'acuité des regards, là, je ne transige pas, il me faut, surtout, des regards fuyants, me scrutant.

Être à la vue de tous m'oblige, timidement, à baisser les yeux, mais, malgré tout curieux, je les regarde en clignant des paupières avec mon regard fuyant.

Regarde, me disent les passants, tu vois, nous te regardons droit dans les yeux, alors je m'enhardis et, pour être bien vu dans le monde, je les regarde les yeux dans les yeux.

Mais mon regard de glace leur tire des larmes de crocodile, aux malheureux.

Mais mes yeux bleus, des yeux d'amoureux, devraient les voir me regarder avec bienveillance.

Non, puisqu'ils évitent mon regard et en une œillade circulaire, retords, ils regardent, le regard fuyant, à la ronde pour voir qui ne me regarde pas.

Comme tout le monde se regarde, et qu'ils ne me voient pas, je vais, serein, de par le monde en regardant où me mènent mes petits pas ; sans me retourner pour regarder, à la ronde, s'ils ne me regardent pas.


Günther ZANNOR.

(1) : mise en garde : connaissant les vertus de l'humanité, vous les regardants tricheurs, je vous ai à l’œil et vous regarde du coin des yeux.

Collection ZANNOR.2016. « ELUCUBRATIONS et autres fadaises »

AU P’TIT COIN !

" Pardon, un instant, je vous prie, j'vais au " P'tit Coin ".
Je m'interroge, pourquoi : au p'tit coin ?

Pourquoi le P'tit Coin est-il toujours installé dans un petit coin, et non dans un simple coin.
Non, car si l'on marmonnait : " je vais au coin ", cela rappellerait de mauvais souvenirs, lorsque puni et humilié on portait le bonnet d'âne, visage face au coin, et si par malheur, l'envie te prenait de te retourner, tu te tétanisais face à ces hypocrites hilares qui de toi se gaussaient.

Sans conteste, l'on pourrait très bien installer le P'tit Coin dans un grand coin, un grand coin spacieux, qui pourrait recueillir nos soupirs d'aise.

Mais sûr, pourquoi perdre de la place et se sentir perdu dans de vastes espaces. Aurions-nous peur des échos et autres réverbérations ?

Un P'tit Coin, c'est plus intime, on s'y sent mieux face à soi-même, on s'y confine plus aisément, continuons donc, à l'évidence, à nous isoler au " P'tit Coin ".

Je ne suis pas loin de m'y complaire dans mon P'tit Coin, c'est un petit coin tranquille, calme et reposant, non, pas un de ces vulgaires recoins ordinaires, mais un vrai P'tit Coin.

Mon petit coin de paradis, le lieu rêvé où l'esprit s'évade en quête d'aventures. Même en fermant les yeux, on y trouve presque un petit coin de ciel bleu.

Loin de le trouver aux coins des rues, il est là, pour moi, tout près de moi, et, moi, j'ai besoin de mon P'tit Coin... à moi.

Mais attention, surtout écoutez toujours l'empêcheur de tourner en rond, car, prendre le temps de tourner en rond aux quatre coins du p'tit coin, on risque d'en oublier le principal.

Puisque je m'y sens bien, je m'emballe, et à tue-tête, je crie : " COIN-COIN "

Nos ancêtres, à Versailles, eux, allaient avec allant " sur le Pot ".
Pas au " P'tit Pot ", comme nous au " P'tit Coin ", mais un pot niché là discrètement dans l'embrasure d'un coin, sinon d'un misérable recoin.

Mais, ils auraient très bien pu installer le petit pot dans un P'tit Coin.
Mais non, ils avaient pour habitude de se réfugier dans un recoin sans aisance; un sourire béat au coin des lèvres, semblant, pour donner le change, regarder au loin avec un regard en coin.
Si leur " P'tit Pot " avait été au coin du feu, ils auraient été plus à l'aise, mais, près de ce coin beaucoup trop fréquenté, y auraient-ils trouvé la sérénité en toute quiétude ?
Sans lever le coin du voile, ma compassion pour leur inconfort me tire la larme au coin des yeux.
Mais j'ai découvert le pot aux roses, savez-vous que ces coquins se surveillaient du coin de l'œil, dans l'espoir de se le rincer.

Offusqué, aujourd'hui, on dirait " Ho ! les bâtards… au coin ! ", eux s'écriaient " Ho ! les manants… au coin, et sans tourner autour du pot ! ".

Sans vouloir noyer le poisson, et si l'envie leur prenait de tourner autour du pot, ils devraient, à mon sens, consulter l'empêcheur de tourner en rond, pour ne pas risquer d'en oublier le principal.


Autres temps, autres mœurs, gens du futur, comment ferez-vous ? (1)

Je vous le dis, ne changez rien, rien ne vaut un bon " P'tit Coin ", bien à soi et bien de chez nous.

Günther ZANNOR.



(1) : ( bien entendu : où, en quel lieu ? )

Collection ZANNOR. "ELUCUBRATIONS et autres fadaises "