ÊTRE FRAPPE AU COIN DU BON SENS.

Être frappé au coin du bon sens souligne la légitimité d'une véracité, d'une authenticité,
l'appel au bon sens se veut fédérateur,

pour vous le prouver, l'absurdité de mon bon sens me fait dire que :

on peut se targuer qu'un bon sens a un coin, puisque l'on peut y frapper,
non pour y entrer, on ne rentre pas dans un coin, mais on le peut par un huis,
car frapper au coin de l'huis permet de pénétrer si vous y êtes invité.

Par extension, si le bon sens a un coin, on peut malheureusement s'y faire frapper.
Celui qui vous frappe, là, au coin du bon sens, en guise de punition, sera mis au coin face au coin de ce bon sens,
cela tombe sous le sens (de l'humour).

Ceci n'a pas de sens, si le bon sens devient un contresens,
ce qui vous retournerait les sens,
mais ce n'est nullement interdit, même dans un sens interdit,
(à condition, bien sûr, d'être parti, ensemble, sens dessus dessous dans le bon sens),

Dites-moi voir, et si un sens interdit n'avait pas de coin, comment aller y frapper ?
Impossible, tout simplement, parce que c'est interdit ; c'est frappé, plus que de raison, au coin du bon sens.
vous pouvez toujours retourner cette injonction dans tous les sens,
au sens propre comme au sens figuré : c'est sans appel.

Si par mégarde, il vous prenait l'envie, malgré l'interdit légal, dans votre petit coin, frapper monnaie avec des coins,
sans crier gare, le gendarme vous mettra au coin,
mais irait-il jusqu'à vous frapper,
non, car fourré dans un coin de sa caboche, son bon sens prendra le dessus
et ensemble bras dessous et bras dessus, vous irez, frappé par le coin de votre mutuel bon sens
chanter les louanges du bon sens éternel et populaire,

ceci, je le sens bien, cela va de soi …

vous pouvez m'encenser !

Günther ZANNOR

Collection ZANNOR. 2022 01 21. "DICTONS & MAXIMES REVISITES"

UN BRUIT QUI COURT.

LA COMPLAINTE DES BONS SENTIMENTS : Chapitre XIV : SAGE COMME UNE IMAGE.

        L'affirmation de la sagesse est-elle assurément le reflet d'une réalité exprimée par une image ?

 l'inverse, une image est-elle le miroir d'une sagesse ?

La définition d'une image est portée par son contenu, si celui-ci est subversif, cette image est-elle sage par définition ?

Donc, l'adage se trouve en porte à faux.

Par contre, une image présentée comme "sage" génère, à priori, une adhésion positive, mais la sagesse réduite à sa seule évocation par le biais d'une image, n'est-ce pas réducteur ?

Car l'interprétation d'une image est conditionnée par notre état d'âme, à un instant donné, état qui peut différer à l'instant suivant.

La sagesse me ferait dire qu'une image engendrant du bien ne nous autorise pas à nous définir comme "sage". A l'inverse l'analyse d'une image extériorisant le mal où une négation, peut, éventuellement, nous guider vers la sagesse.

Ce paradoxe nous éclaire sur les proverbes et dictons qui sont la quintessence de l'expression populaire au fil des siècles et qui nous entraîne à l'acceptation d'une vérité, mais, qui a la faculté d'être interprétée ou dénoncée.

En dépit de cela, l'image que je me projette de moi, me permet d'affirmer, haut et fort, que le sage : c'est MOI !

C'est pourquoi, tout au long de mon existence, j'ai toujours été « sage comme une image ».


Belle image d'un narcissique tout en sagesse…………………


Günther ZANNOR.

EXTRAIT du recueil "PENSEES PROFONDES " de et par GÜNTHER LE PRUSSIEN… Editions ZANNOR, fascicules A 231, chapitre XIV, alinéa 15.
Tirages limités, numérotés de 0101 à 2001, et tirages collaborateurs de 0001 à 0100, juillet 2016
Collection ZANNOR.2016. « DICTONS & MAXIMES REVISITES »

S’ENTENDRE COMME LARRON EN FOIRE

ou la ritournelle des gais lurons !



Toi, mon bon larron . . . mon digne compagnon,


Il ne faut pas les croire
ce serait dérisoire
continuons à nous entendre
et du plaisir à leur prendre

Mon compère, me suis-tu ?
oui, sinon nous sommes perdus
de nos farces, nous nous nourrissons
et la bonne humeur nous engrangeons

Comme dit le bon bourgeois
tout en agitant ses doigts
ils s’entendent comme larron en foire
ils passeront par le purgatoire

Ne pas se laisser détourner
par la morale de la bonne société
soudés comme les doigts de la main
ne nous interdisons rien

Sur notre sagesse, nul ne parie
de nous soumettre au défi
d’entrer dans le droit chemin
ce sera sans lendemain

Ils nous traiteront de bouffon
mais nous en gais lurons
nous cultiverons nos facéties
nos aventures, nos péripéties

Puisque, nous pouvons nous amuser
pourquoi, vouloir s’en priver
nous écrirons notre belle histoire
pour notre renommée et pour la gloire

Vois la tête de ces quidams
qui toujours nous blâment
que notre malice agace
mais nous laissent de glace

Faire la foire comme des larrons
envers ceux, que nous taquinons
à l’encontre de leurs valeurs
ne nous apporte que du bonheur !

reste mon compagnon . . . l’occasion fait le larron ……….


Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2016. « DICTONS & MAXIMES REVISITES »

LAISSER PLANER UN DOUTE.

Je suis : le DOUTE, le seul, l'unique, n'en doutez pas.

Dans mon monde de « l'irraisonné », je fais figure de précurseur, j'ai accepté la mission, d'être : '' le pourfendeur de l'intransigeante CONVICTION ''.

J'ai pour dessein de bousculer tous mes condisciples qui se complaisent, dans une routine feutrée et agréable d'une vie sans ambition. Ils ne se posent, à aucun moment, des questions existentielles, se pavanant dans l'acquis, et ne se mettent jamais en doute. Je veux qu'ils me soutiennent dans ma noble croisade.

Réveiller la corporation, les faire adhérer à ma cause, pour une prise de conscience, dans le but d'affirmer notre suprématie sur les négationnistes du doute ; oui, malheureusement, il existe des adorateurs de l'intransigeante CONVICTION, sans nul doute et sans partage.

Aussi, la quintessence de notre confrérie assurera l'aboutissement de la culture et le règne du doute.

Semer le doute deviendra notre raison d'être, la philosophie de notre dictature. Porter le doute dans tous les esprits bienpensants ou non, qu'importe, c'est apporter la lumière aux insoumis.

J'ai décidé, aventurier que je suis, de bousculer leur ostracisme, et de répandre, de par le monde, la bonne et juste parole de la contestation, de la controverse et du scepticisme.

Partager les joies de l'hésitation, de l'incrédulité, de la perplexité, auprès des incrédules affirmant, haut et fort, être les champions de la conviction, de la certitude, persuadés du sérieux et de l'intangibilité de leur foi. Intransigeants dans leur fanatisme, incapables d'accepter l’existence de formes plus nuancée d'opinions.

Posons-nous la question, pourquoi moi, le prince du ''doute'', je devrais éternellement douter seul dans mon microcosme ? J'ai l'ambition de la malice, je vais égayer mon impudence. La farce n'étant pas prisée dans mon entourage, je vais, de ce pas, aller titiller le monde de la raison et de la conviction.

Mais je suis dans l'expectative de ce qui m'attend, n'ayant jamais franchi les frontières de la conviction. Soyons fous, et osons.

Me présentant aux garde-frontière, je m'interroge, me laisseront-ils entrer, ou devrais-je user de subterfuge ? Mon doute fut avéré, je fus refoulé, n'a-t-on jamais vu un doute infiltrer le domaine de la conviction, inimaginable, me sermonnèrent-ils, en riant sournoisement.

Obstiné, je me consulte et me questionne sur mes différentes alternatives, avez-vous déjà entendu que l'on pouvait, insidieusement, « laisser planer un doute » ?

Et bien, ni une ni deux, je m’élève dans les cieux et me mis à planer. Voletant de-ci de-là, au hasard, au-dessus du Parlement je me suis trouvé. M'infiltrant, perfidement dans la salle des débats, occupée par les dignes représentants de la nation « Conviction », j'y laisse planer mon doute préféré, celui qui imperceptiblement nuit à tout dogme éternellement établi. Doute, qui engendre la défiance dans la certitude, tel un ver dans le fruit de l'évidence.

La véhémence des propos me surprend : « conviction, conviction ! vocifère le débatteur courroucé. Voilà le maître-mot, il n'y aura pas, tant que je vivrai, d'autre précepte que la conviction, messieurs de l'opposition, de votre agnosticisme, on ne veut pas ».

Planant de plus belle, dès cet instant, la puissance de mon doute commença, à s'infiltrer, s'insinuant sournoisement.

Sous son joug, l'orateur, perdant pied, toussota, se raclant les cordes vocales. Pour la première fois de sa vie, une seconde d'hésitation, le doute s'empara de lui, interrompant, sa diatribe. Il reprit sur un ton moins convaincant : « Mais, nom de, heu, nom, puisque, heu, j'ai raison, heu, heu, vous pouvez, heu, accréditer ma thèse, heu, cela se pourrait-il qu'il existât, heu, des arguments permettant, heu, de minimiser mes préconisations, heu... »

L'opposant, triomphant, lui coupant la parole : « mais, oui, sans l'ombre d'un doute ! »

Oh ! sacrilège, jamais, au grand jamais, depuis la nuit des temps, personne ne s'était permis de prononcer ce mot éhonté, banni dans cette enceinte. Jamais le mot ''doute'' ne fut utilisé, même jamais évoqué, ni jamais pensé.

L'assemblée pétrifiée, dans un silence d'outre-tombe, laissant planer leur scepticisme, qui rejoignit mon doute toujours planant, eut du mal à se convaincre de la réalité de la profanation qu'ils subissaient.

Effaré par l'ampleur de son crime, lorsque ce mot diabolique franchit sa bouche, l'opposant se jeta au sol, geignant, suppliant ses pairs, de l'absoudre de toutes coercitions. Ce mot, disait-il, lui est venu, contre sa volonté. Il s'est insinué en lui et n'a pu s’interdire de le prononcer. Un maléfice avait pris possession de son libre arbitre. Il en était lui-même abasourdi, et… mais il ne put terminer. Il se fit conspuer, vilipender, injurier, bannir à tout jamais, et, manu militari, il se retrouva, sans fanfare ni trompette, au fond d'un cachot. Comme on le découvrit plus tard, il devint sa dernière demeure.

Le doute se mit à l'ouvrage.

Ces dignes représentants de la nation mirent des semaines, des mois à se remettre de ce séisme, car, le doute, une fois installé, il leur fut impossible de retrouver leur sérénité.

Et les tribuns de tribuner, les orateurs d'orateuriser, les commentateurs de commenter, les rapporteurs de rapporter, les harangueurs de haranguer, les déclameurs de déclamer, avec moult effets de manche et d'emphase, ne firent pas progresser la prise de conscience d'une inéluctable mutation de leur futur.

Je leur insufflais à leur insu : « Vous, dans votre monde de convictions, vous avez aussi vos menteurs, je m'en doute. J'affirme que celui qui trompe implicitement sème le doute, même si vous refusez de l'admettre. Vous êtes donc amené à me côtoyer. Oseriez-vous, encore, douter du doute ? Alors, ne doutez pas de vos mensonges. Incrédules, sceptiques que vous êtes, pouvez-vous, aujourd'hui, sans aucun doute, récuser le doute ? »

Ce qui provoqua une rupture avec leur électorat de base alerté par les médias qui commentèrent, à qui mieux mieux, ce malaise national.

Mais, comme dans toute société, chaque sujet, en chassant un autre, ce crime linguistique, prit la forme d'une simple novelette et fut vite oublié.

La zizanie s'atténuant au fil du temps et, après m'être enorgueilli de cette facétie, je dus reconnaître la faible portée de mon intervention.

Je tentais donc une nouvelle expérience.
Je pris conseil auprès de mes proches, tous des doutes de haute volée, on s'en doute, ce qui me permit d'élaborer une stratégie à la hauteur de notre sens de la plaisanterie désopilante.

De retour, dans ce monde obtus, j'ai semé le doute dans l'esprit de tous les bons pères de famille. Jusqu'alors, ils étaient convaincus de leur légitime paternité, excluant tout doute dans leur mode de pensée.

A partir de cet instant, ce fut la révolution. La suspicion devint le sport national. Qui des amoureux, des affectueux, des subjugués de l'amour, ne furent pas touché par cette incrédulité sournoise qui envahit leur subconscient.

Les regards, de travers, des cocus potentiels, fustigèrent leurs tendres épouses qui, pour seule défense, évoquèrent leur bonne foi, furieuses et offusquées face à une telle suspicion. Les infidèles manifestes firent profil bas, on s'en doute. Le ton monta, s'amplifia, l'incompréhension prévalut dans chaque foyer. Le relent de la méfiance s'accentua et le doute présumé se transformèrent vite en certitude, ce qui fut l'apothéose de mon prestige. La défiance, l'inquiétude, l'incertitude, la controverse, l'équivoque s'imposèrent imperturbablement. La société en émoi constata l'hécatombe provoquée par les ruptures, les divorces, les séparations, laissant pantelantes les nouvelles structures monoparentales.

Mais une voix s'éleva, au-dessus de la cacophonie, notre cher et respecté philosophe des lumières, Jean-Levy, se présenta en sauveur ultime, en proposant, la concorde.

Une nouvelle harmonie devra prendre le pas sur la bien-pensance de la conviction. Il faudra intégrer, qu'un jusqu'au-boutisme ne peut dominer ; dorénavant, l'intégration du doute sera une évidence.

Ce mot enfin lâché favorisa l'esprit critique, et la paix matrimoniale fut rétablie, et le pardon s'incrusta. Un monde nouveau s'offrit, introduisant nuances et compromis. Ce qui complexifia les relations de tous ordres, mais cela est un autre problème, qui ne me concerne pas, ma mission, elle est accomplie.

Je me targue, voyez la statue à mon effigie, d'avoir, par mon espièglerie, su apporter l’expression d'une réalité différente. Le doute n'est pas permis, car je suis un homme de conviction, je ne doute de rien, on s'en doute !


Mais... dans mon for intérieur... un tout léger petit doute... s'installe.
Normal ! Sans nul doute... je suis bien le Prince du doute.

Moralité :
La conviction du doute peut faire douter de la conviction.



Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2016. ''DICTONS & MAXIMES REVISITES''.

TIRER LE DIABLE PAR LA QUEUE

Au long de mon parcours sur cette Terre ingrate,
au sein de cette société perfide et scélérate,

j'ai toujours tiré le diable par la queue,
à l'encontre de mes espoirs et de mes vœux.

Contraint par les vicissitudes de ma vie,
jamais, assurément, je ne m'en suis sorti.

chemin faisant, je n'ai joint les deux bouts
mon refuge fut une vie, une vie de filou.

Au jour du jugement dernier, aux portes de l'enfer,
nouveau statut pour moi dont je ne saurai que faire,

évidemment, pour me venger de cet affront,
je tirerai, allègrement, le Diable par la queue, pour de bon.

Le plaisir retiré, sera-t-il à la hauteur de sa réaction,
j'attends, curieux et vengeur, explications et justifications.

Orgueilleux et imbu, pour assouvir ses méchancetés,
il fait subir contraintes et misères à l'humanité.

Il aura à s'expliquer, pourquoi, de mon vivant,
ainsi qu'à tous mes frères et sœurs, de tous temps,

l'on en fut réduit à tirer le diable par la queue,
obligés d'endurer une vie misérable, une vie de gueux…

Supplique :

Seigneur,
nous ne l'avons pas mérité,
absous nos péchés,
fait nous connaitre Ta Félicité,
pour l'éternité.



Günther ZANNOR.

Collection ZANNOR. 2023. ''DICTONS & MAXIMES REVISITES''.