Être frappé au coin du bon sens souligne la légitimité d'une véracité, d'une authenticité,
l'appel au bon sens se veut fédérateur,
pour vous le prouver, l'absurdité de mon bon sens me fait dire que :
on peut se targuer qu'un bon sens a un coin, puisque l'on peut y frapper,
non pour y entrer, on ne rentre pas dans un coin, mais on le peut par un huis,
car frapper au coin de l'huis permet de pénétrer si vous y êtes invité.
Par extension, si le bon sens a un coin, on peut malheureusement s'y faire frapper.
Celui qui vous frappe, là, au coin du bon sens, en guise de punition, sera mis au coin face au coin de ce bon sens,
cela tombe sous le sens (de l'humour).
Ceci n'a pas de sens, si le bon sens devient un contresens,
ce qui vous retournerait les sens,
mais ce n'est nullement interdit, même dans un sens interdit,
(à condition, bien sûr, d'être parti, ensemble, sens dessus dessous dans le bon sens),
Dites-moi voir, et si un sens interdit n'avait pas de coin, comment aller y frapper ?
Impossible, tout simplement, parce que c'est interdit ; c'est frappé, plus que de raison, au coin du bon sens.
vous pouvez toujours retourner cette injonction dans tous les sens,
au sens propre comme au sens figuré : c'est sans appel.
Si par mégarde, il vous prenait l'envie, malgré l'interdit légal, dans votre petit coin, frapper monnaie avec des coins,
sans crier gare, le gendarme vous mettra au coin,
mais irait-il jusqu'à vous frapper,
non, car fourré dans un coin de sa caboche, son bon sens prendra le dessus
et ensemble bras dessous et bras dessus, vous irez, frappé par le coin de votre mutuel bon sens
chanter les louanges du bon sens éternel et populaire,
ceci, je le sens bien, cela va de soi …
vous pouvez m'encenser !
Günther ZANNOR
Collection ZANNOR. 2022 01 21. "DICTONS & MAXIMES REVISITES"
Catégorie : « DICTONS&MAXIMES REVISITES »
UN BRUIT QUI COURT.
Comme qui dirait l’autre (de fait, c’est bien connu, c’est toujours l’autre, naturellement, qui dit) : il a dit avoir entendu bruire : que des quidams, dignes de foi, avec opiniâtreté, affirment qu’ils ont entendus dire qu’il y a un bruit qui court ! Repris, de plus belle, et là sans chuchoter, sans vergogne, par un aréopage, constituant la confrérie des colporteurs »du bruit qui court ».
Or, sachant que ces colporteurs ne sont pas des « enfants de cœur », puisque parmi les colporteurs, il y en a, qui sont pires encore que des « cabochards », alors qu’il y en a des biens des « cabochards », faut pas généraliser, mais assurément une majorité de colporteurs sont aussi bien pires que certains, des pires « cabochards », seulement, voilà, opportunistes, ils propagent à tout va.
Sauf, qu’à ce stade, une rumeur persistante et insistante confirme que le bruit qui court et qui fut entendu, le fut dans l’enceinte d’un stade d’athlétisme. Étrange en vérité, quel impact, quelle influence, cela aura-t-il sur les sceptiques, les incrédules, les dubitatifs, si, finalement, cela se révèlerait être une réalité ?
Accepteront-ils que la course de ce bruit puisse-être effréné ou de longue haleine. Ne serait-ce qu’en fonction, de sa vélocité et son insidieuse pénétration, de son énergie engagée et sa proportionnalité, donc avec des capacités à s’engager dans une course de rapidité, une course de fond, peut-être un marathon, et qui le favoriseraient lors d’une confrontation sportive de haut niveau ?
Même un bruit qui court, avec ses petits petons immatériels, se doit, selon les règles, de se plier aux contraintes de la gravité. Il doit donc s’évertuer à poser ses semelles sur le tarmac des prestigieuses pistes, de nos stades, sous des hourras espérés enflammés.
Pour pouvoir proclamer sa prétention à la victoire face à l’engouement et aux clameurs frénétiques de spectateurs enthousiastes, il devra se surpasser s’il veut se donner une chance de rivaliser avec des coureurs chevronnés.
Somme toute, cela me laisse pantois, et j’ai cru percevoir, par le biais d’un »on-dit », qu’il fut dit qu’il y a un autre bruit qui court, à savoir que la thèse développée ci-dessus ne serait qu’une galéjade.
Un bruit qui aurait couru : fantaisie, qui pour le croire ? Dans la négation, on se retrouverait devant des spectateurs, floués, orphelins d’un spectacle annoncé comme rare et exceptionnel, qui repartiraient avec le sentiment d’avoir été mené en bateau.
Pour discréditer cet augure, ne serait-il pas aussi simple de mener ce bruit qui court, également, en bateau, loin de toute logique, pour asseoir son absurdité.
Dès lors, dans la vie de tous les jours, on murmure : que, si l’on prête oreille aux innombrables bruits qui courent, on espère qu’ils seront très vite épuisés, puisqu’épuisants. Néanmoins, compte tenu de la persistance de ces rumeurs galopantes, ce n’est pas assuré.
Toutefois, si, malgré tout, dans votre inconscient, elles s’enfouissent durablement, cela nécessitera une myriade de bataillons de contrebruit qui court, pour vous persuader du côté néfaste de tous ces bruits qui courent.
Par conséquent, si vous ne vous sentez pas concerné, cela signifie que vous n’avez pas l’esprit tranquille. Alors, faites une introspection et remettez-vous en question. Sinon, étant donné que les potins s’obstinent à accréditer l’existence d’un bruit qui court, il sera perçu, par vous, comme une réalité, vu la faiblesse de vos convictions.
Mais si, par hasard, vous croisiez les membres actifs de l’association des » antibruits qui courent », ils saisiront, de raison, l’occasion de vous retourner le cerveau à l’endroit et vous remettre sur le droit chemin du pragmatisme.
En corroboration de leurs convictions, j’ai ouï-dire et y prête foi, qu’il flotterait, dans l’air, un étrange bruit qui court, comme quoi, vous autres colporteurs, vous êtes des êtres bizarres, adeptes d’absurdes racontars, d’irrationnels commérages, de persifflages saugrenus et d’extravagants ragots.
Je laisse le soin à ce bruit qui court de véhiculer cette affirmation. Ce qui, pour un bruit qui court, pourrait, éventuellement, être salvateur, si, ils en prenaient conscience.
Maître de mon libre arbitre, pour ma part, je ne rejoindrais jamais, en toute lucidité : la confrérie des colporteurs »du bruit qui court ».
A bon entendeur, salut ! (Mais, ne le dites à personne, je reste à l’écoute, on ne sait jamais !)
Günther ZANNOR.
EPILOGUE
Allo, allo… Hé ! Dites voir, me permettez-vous de m’immiscer ?
Oui, voilà, vous êtes-vous déjà posé la question principale, à savoir : connaître le point de vue, mon point de vue, en tant que « bruit qui court » ?
Mon existence immatérielle ne pouvant pas être rejetée, il se doit, par rapport aux dires qui se colportent, que je puisse m’offusquer de vos divagations.
Je n’ai nul besoin que l’on m’adjoigne de petits petons pour jouir d’une vélocité, quelle qu’en soit la vigueur. Je vous assure, je suis en mesure de m’épancher d’une manière effrénée ou de longue haleine en toute liberté.
Mon pouvoir d’infiltration me donne la faculté d’être incisif ou insidieux, percutant ou sournois, persuasif ou dissuasif. Dans ma palette, je jongle avec tous les choix, aucune contrainte, en osmose avec l’humeur du moment et la fantaisie de mon géniteur.
Je propage et popularise, à l’envi, les rumeurs, les vicissitudes, les bonnes comme les mauvaises choses. Je peux être flatteur ou méprisant. Qui, pour m’en empêcher : pour quelques-uns, des délateurs, pour d’autres, des encenseurs ?
J’aime flagorner les sceptiques, les bienpensants. Je mène ma barque comme je l’entends, contre tout opprobre et toute flétrissure ou toute gloire et toute considération. Je volète, plane, virevolte, flâne, m’échine, butine de bouche à oreille, pour la satisfaction de celle ou celui qui me prête vie et m’adopte, quelle que soit ma teneur ; au choix ! C’est ma liberté. La vôtre, si vous consentez à m’accepter. N’en prenez pas ombrage si je vous déconcerte. Un autre bruit qui court (oui, je ne suis pas seul à sévir ou à servir), lui, en contre-pied, vous adulera pour votre délectation et votre plaisir.
Comme toute vérité n’est pas toujours bonne à dire, certains bruits qui courent ne sont pas toujours bons à entendre. Faites la sélection. Par contre, certains bruits qui courent peuvent flatter votre égo comme toutes belles vérités peuvent vous encenser.
Je courtise, en général, les indécis, les indolents, les mollassons, les nonchalants, les endormis, les flegmatiques, soit les paresseux du cerveau, ainsi que certains passifs y retrouvant leur compte. Je me targue d’intéresser les résolus, les pétulants, les exaltés, les enthousiastes, les frénétiques, les impétueux, les phosphorants du cerveau, ainsi que certains adeptes y retrouvant leur compte.
En un sens, dans l’ensemble, je suis fier de moi, de ce que je représente, de ce que l’on attend de moi. Malgré l’avalanche de critiques, qui envahissent mon univers. Moi, « bruit qui court », je me dois d’être impartial, incorruptible, entier, nulle déloyauté envers mon créateur, qu’il soit vil ou complaisant.
Malheureusement, mon destin est scellé, comme le vôtre, pauvres mortels, mon existence est éphémère. Je tomberai, indubitablement, dans l’oubli. Mais un espoir peut subsister, puisque certains « bruits qui courent » sont restés dans la mémoire de l’humanité. Ils en ont infléchi sa destinée. Moi, modeste « bruit qui court, je les envie.
Depuis la nuit des temps, par myriades, mes frères et moi, nous avons surgi, nous avons diffusé, nous avons été le relais du bonheur, du malheur du genre humain, nous en sommes conscients. Ayez une pensée pour nous ou un pardon. Mais nous autres, « les bruits qui courent » (non pas après la gloire) sommes ainsi faits, c’est notre nature.
Une tendance, reconnue, accréditerait la croyance que la finalité d’un « bruit qui court » serait de répandre de mauvaises nouvelles, des infamies, des calomnies. Que nenni, je dis, puisqu’un bruit qui court relate que, moi, je suis un gentil !
Bien à vous . . . votre gentil et attentionné « bruit qui court ».



Note de l’auteur : Attention : ces » bruits qui courent », tel le Phénix, ils renaîtront, imperturbablement, de leurs cendres, soyez sur vos gardes !
Collection ZANNOR. 2024. »DICTONS & MAXIMES REVISITES »
LA COMPLAINTE DES BONS SENTIMENTS : Chapitre XIV : SAGE COMME UNE IMAGE.
L'affirmation de la sagesse est-elle assurément le reflet d'une réalité exprimée par une image ?
 l'inverse, une image est-elle le miroir d'une sagesse ?
La définition d'une image est portée par son contenu, si celui-ci est subversif, cette image est-elle sage par définition ?
Donc, l'adage se trouve en porte à faux.
Par contre, une image présentée comme "sage" génère, à priori, une adhésion positive, mais la sagesse réduite à sa seule évocation par le biais d'une image, n'est-ce pas réducteur ?
Car l'interprétation d'une image est conditionnée par notre état d'âme, à un instant donné, état qui peut différer à l'instant suivant.
La sagesse me ferait dire qu'une image engendrant du bien ne nous autorise pas à nous définir comme "sage". A l'inverse l'analyse d'une image extériorisant le mal où une négation, peut, éventuellement, nous guider vers la sagesse.
Ce paradoxe nous éclaire sur les proverbes et dictons qui sont la quintessence de l'expression populaire au fil des siècles et qui nous entraîne à l'acceptation d'une vérité, mais, qui a la faculté d'être interprétée ou dénoncée.
En dépit de cela, l'image que je me projette de moi, me permet d'affirmer, haut et fort, que le sage : c'est MOI !
C'est pourquoi, tout au long de mon existence, j'ai toujours été « sage comme une image ».
Belle image d'un narcissique tout en sagesse…………………
Günther ZANNOR.
EXTRAIT du recueil "PENSEES PROFONDES " de et par GÜNTHER LE PRUSSIEN… Editions ZANNOR, fascicules A 231, chapitre XIV, alinéa 15.
Tirages limités, numérotés de 0101 à 2001, et tirages collaborateurs de 0001 à 0100, juillet 2016
Collection ZANNOR.2016. « DICTONS & MAXIMES REVISITES »
S’ENTENDRE COMME LARRON EN FOIRE
ou la ritournelle des gais lurons !
Toi, mon bon larron . . . mon digne compagnon,
Il ne faut pas les croire
ce serait dérisoire
continuons à nous entendre
et du plaisir à leur prendre
Mon compère, me suis-tu ?
oui, sinon nous sommes perdus
de nos farces, nous nous nourrissons
et la bonne humeur nous engrangeons
Comme dit le bon bourgeois
tout en agitant ses doigts
ils s’entendent comme larron en foire
ils passeront par le purgatoire
Ne pas se laisser détourner
par la morale de la bonne société
soudés comme les doigts de la main
ne nous interdisons rien
Sur notre sagesse, nul ne parie
de nous soumettre au défi
d’entrer dans le droit chemin
ce sera sans lendemain
Ils nous traiteront de bouffon
mais nous en gais lurons
nous cultiverons nos facéties
nos aventures, nos péripéties
Puisque, nous pouvons nous amuser
pourquoi, vouloir s’en priver
nous écrirons notre belle histoire
pour notre renommée et pour la gloire
Vois la tête de ces quidams
qui toujours nous blâment
que notre malice agace
mais nous laissent de glace
Faire la foire comme des larrons
envers ceux, que nous taquinons
à l’encontre de leurs valeurs
ne nous apporte que du bonheur !
reste mon compagnon . . . l’occasion fait le larron ……….
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2016. « DICTONS & MAXIMES REVISITES »
LAISSER PLANER UN DOUTE.
Je suis : le DOUTE, le seul, l'unique, n'en doutez pas.
Dans mon monde de « l'irraisonné », je fais figure de précurseur, j'ai accepté la mission, d'être : '' le pourfendeur de l'intransigeante CONVICTION ''.
J'ai pour dessein de bousculer tous mes condisciples qui se complaisent, dans une routine feutrée et agréable d'une vie sans ambition. Ils ne se posent, à aucun moment, des questions existentielles, se pavanant dans l'acquis, et ne se mettent jamais en doute. Je veux qu'ils me soutiennent dans ma noble croisade.
Réveiller la corporation, les faire adhérer à ma cause, pour une prise de conscience, dans le but d'affirmer notre suprématie sur les négationnistes du doute ; oui, malheureusement, il existe des adorateurs de l'intransigeante CONVICTION, sans nul doute et sans partage.
Aussi, la quintessence de notre confrérie assurera l'aboutissement de la culture et le règne du doute.
Semer le doute deviendra notre raison d'être, la philosophie de notre dictature. Porter le doute dans tous les esprits bienpensants ou non, qu'importe, c'est apporter la lumière aux insoumis.
J'ai décidé, aventurier que je suis, de bousculer leur ostracisme, et de répandre, de par le monde, la bonne et juste parole de la contestation, de la controverse et du scepticisme.
Partager les joies de l'hésitation, de l'incrédulité, de la perplexité, auprès des incrédules affirmant, haut et fort, être les champions de la conviction, de la certitude, persuadés du sérieux et de l'intangibilité de leur foi. Intransigeants dans leur fanatisme, incapables d'accepter l’existence de formes plus nuancée d'opinions.
Posons-nous la question, pourquoi moi, le prince du ''doute'', je devrais éternellement douter seul dans mon microcosme ? J'ai l'ambition de la malice, je vais égayer mon impudence. La farce n'étant pas prisée dans mon entourage, je vais, de ce pas, aller titiller le monde de la raison et de la conviction.
Mais je suis dans l'expectative de ce qui m'attend, n'ayant jamais franchi les frontières de la conviction. Soyons fous, et osons.
Me présentant aux garde-frontière, je m'interroge, me laisseront-ils entrer, ou devrais-je user de subterfuge ? Mon doute fut avéré, je fus refoulé, n'a-t-on jamais vu un doute infiltrer le domaine de la conviction, inimaginable, me sermonnèrent-ils, en riant sournoisement.
Obstiné, je me consulte et me questionne sur mes différentes alternatives, avez-vous déjà entendu que l'on pouvait, insidieusement, « laisser planer un doute » ?
Et bien, ni une ni deux, je m’élève dans les cieux et me mis à planer. Voletant de-ci de-là, au hasard, au-dessus du Parlement je me suis trouvé. M'infiltrant, perfidement dans la salle des débats, occupée par les dignes représentants de la nation « Conviction », j'y laisse planer mon doute préféré, celui qui imperceptiblement nuit à tout dogme éternellement établi. Doute, qui engendre la défiance dans la certitude, tel un ver dans le fruit de l'évidence.
La véhémence des propos me surprend : « conviction, conviction ! vocifère le débatteur courroucé. Voilà le maître-mot, il n'y aura pas, tant que je vivrai, d'autre précepte que la conviction, messieurs de l'opposition, de votre agnosticisme, on ne veut pas ».
Planant de plus belle, dès cet instant, la puissance de mon doute commença, à s'infiltrer, s'insinuant sournoisement.
Sous son joug, l'orateur, perdant pied, toussota, se raclant les cordes vocales. Pour la première fois de sa vie, une seconde d'hésitation, le doute s'empara de lui, interrompant, sa diatribe. Il reprit sur un ton moins convaincant : « Mais, nom de, heu, nom, puisque, heu, j'ai raison, heu, heu, vous pouvez, heu, accréditer ma thèse, heu, cela se pourrait-il qu'il existât, heu, des arguments permettant, heu, de minimiser mes préconisations, heu... »
L'opposant, triomphant, lui coupant la parole : « mais, oui, sans l'ombre d'un doute ! »
Oh ! sacrilège, jamais, au grand jamais, depuis la nuit des temps, personne ne s'était permis de prononcer ce mot éhonté, banni dans cette enceinte. Jamais le mot ''doute'' ne fut utilisé, même jamais évoqué, ni jamais pensé.
L'assemblée pétrifiée, dans un silence d'outre-tombe, laissant planer leur scepticisme, qui rejoignit mon doute toujours planant, eut du mal à se convaincre de la réalité de la profanation qu'ils subissaient.
Effaré par l'ampleur de son crime, lorsque ce mot diabolique franchit sa bouche, l'opposant se jeta au sol, geignant, suppliant ses pairs, de l'absoudre de toutes coercitions. Ce mot, disait-il, lui est venu, contre sa volonté. Il s'est insinué en lui et n'a pu s’interdire de le prononcer. Un maléfice avait pris possession de son libre arbitre. Il en était lui-même abasourdi, et… mais il ne put terminer. Il se fit conspuer, vilipender, injurier, bannir à tout jamais, et, manu militari, il se retrouva, sans fanfare ni trompette, au fond d'un cachot. Comme on le découvrit plus tard, il devint sa dernière demeure.
Le doute se mit à l'ouvrage.
Ces dignes représentants de la nation mirent des semaines, des mois à se remettre de ce séisme, car, le doute, une fois installé, il leur fut impossible de retrouver leur sérénité.
Et les tribuns de tribuner, les orateurs d'orateuriser, les commentateurs de commenter, les rapporteurs de rapporter, les harangueurs de haranguer, les déclameurs de déclamer, avec moult effets de manche et d'emphase, ne firent pas progresser la prise de conscience d'une inéluctable mutation de leur futur.
Je leur insufflais à leur insu : « Vous, dans votre monde de convictions, vous avez aussi vos menteurs, je m'en doute. J'affirme que celui qui trompe implicitement sème le doute, même si vous refusez de l'admettre. Vous êtes donc amené à me côtoyer. Oseriez-vous, encore, douter du doute ? Alors, ne doutez pas de vos mensonges. Incrédules, sceptiques que vous êtes, pouvez-vous, aujourd'hui, sans aucun doute, récuser le doute ? »
Ce qui provoqua une rupture avec leur électorat de base alerté par les médias qui commentèrent, à qui mieux mieux, ce malaise national.
Mais, comme dans toute société, chaque sujet, en chassant un autre, ce crime linguistique, prit la forme d'une simple novelette et fut vite oublié.
La zizanie s'atténuant au fil du temps et, après m'être enorgueilli de cette facétie, je dus reconnaître la faible portée de mon intervention.
Je tentais donc une nouvelle expérience.
Je pris conseil auprès de mes proches, tous des doutes de haute volée, on s'en doute, ce qui me permit d'élaborer une stratégie à la hauteur de notre sens de la plaisanterie désopilante.
De retour, dans ce monde obtus, j'ai semé le doute dans l'esprit de tous les bons pères de famille. Jusqu'alors, ils étaient convaincus de leur légitime paternité, excluant tout doute dans leur mode de pensée.
A partir de cet instant, ce fut la révolution. La suspicion devint le sport national. Qui des amoureux, des affectueux, des subjugués de l'amour, ne furent pas touché par cette incrédulité sournoise qui envahit leur subconscient.
Les regards, de travers, des cocus potentiels, fustigèrent leurs tendres épouses qui, pour seule défense, évoquèrent leur bonne foi, furieuses et offusquées face à une telle suspicion. Les infidèles manifestes firent profil bas, on s'en doute. Le ton monta, s'amplifia, l'incompréhension prévalut dans chaque foyer. Le relent de la méfiance s'accentua et le doute présumé se transformèrent vite en certitude, ce qui fut l'apothéose de mon prestige. La défiance, l'inquiétude, l'incertitude, la controverse, l'équivoque s'imposèrent imperturbablement. La société en émoi constata l'hécatombe provoquée par les ruptures, les divorces, les séparations, laissant pantelantes les nouvelles structures monoparentales.
Mais une voix s'éleva, au-dessus de la cacophonie, notre cher et respecté philosophe des lumières, Jean-Levy, se présenta en sauveur ultime, en proposant, la concorde.
Une nouvelle harmonie devra prendre le pas sur la bien-pensance de la conviction. Il faudra intégrer, qu'un jusqu'au-boutisme ne peut dominer ; dorénavant, l'intégration du doute sera une évidence.
Ce mot enfin lâché favorisa l'esprit critique, et la paix matrimoniale fut rétablie, et le pardon s'incrusta. Un monde nouveau s'offrit, introduisant nuances et compromis. Ce qui complexifia les relations de tous ordres, mais cela est un autre problème, qui ne me concerne pas, ma mission, elle est accomplie.
Je me targue, voyez la statue à mon effigie, d'avoir, par mon espièglerie, su apporter l’expression d'une réalité différente. Le doute n'est pas permis, car je suis un homme de conviction, je ne doute de rien, on s'en doute !
Mais... dans mon for intérieur... un tout léger petit doute... s'installe.
Normal ! Sans nul doute... je suis bien le Prince du doute.
Moralité :
La conviction du doute peut faire douter de la conviction.
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2016. ''DICTONS & MAXIMES REVISITES''.
TIRER LE DIABLE PAR LA QUEUE
Au long de mon parcours sur cette Terre ingrate,
au sein de cette société perfide et scélérate,
j'ai toujours tiré le diable par la queue,
à l'encontre de mes espoirs et de mes vœux.
Contraint par les vicissitudes de ma vie,
jamais, assurément, je ne m'en suis sorti.
chemin faisant, je n'ai joint les deux bouts
mon refuge fut une vie, une vie de filou.
Au jour du jugement dernier, aux portes de l'enfer,
nouveau statut pour moi dont je ne saurai que faire,
évidemment, pour me venger de cet affront,
je tirerai, allègrement, le Diable par la queue, pour de bon.
Le plaisir retiré, sera-t-il à la hauteur de sa réaction,
j'attends, curieux et vengeur, explications et justifications.
Orgueilleux et imbu, pour assouvir ses méchancetés,
il fait subir contraintes et misères à l'humanité.
Il aura à s'expliquer, pourquoi, de mon vivant,
ainsi qu'à tous mes frères et sœurs, de tous temps,
l'on en fut réduit à tirer le diable par la queue,
obligés d'endurer une vie misérable, une vie de gueux…
Supplique :
Seigneur,
nous ne l'avons pas mérité,
absous nos péchés,
fait nous connaitre Ta Félicité,
pour l'éternité.
Günther ZANNOR.
Collection ZANNOR. 2023. ''DICTONS & MAXIMES REVISITES''.
